Archives mensuelles : mai 2014

P

Place Vendôme (la)

« Pourquoi y a-t-il une majuscule à « Place Vendôme », je l’ai relevée dans plusieurs articles de presse ? Est-ce parce qu’il s’agit d’une place d’un quartier chic, avec des boutiques de luxe ?… », nous demande un internaute belge.

Non : l’orthographe, et l’orthotypographie en particulier, ne dépend pas de la richesse ou de la pauvreté des lieux…  Si vous avez vu une majuscule à Place, c’est qu’il y avait une faute. Ou, alors…

… Ou bien, alors, c’est parce qu’il y avait une antonomase (l’emploi d’un surnom ou d’une périphrase pour désigner quelqu’un ou quelque chose). En l’occurrence, ici, le ministère de la Justice, sis place Vendôme :  Mme Rachida Dati devrait quitter bientôt la Place Vendôme. (On emploie couramment cette figure de rhétorique : « le Quai » ou « le Quai d’Orsay » (pour le ministère des Affaires étrangères »), la Place Beauvau » (pour le ministère de l’Intérieur), etc.)

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Pléonasmes

Peut-on me reprocher d’écrire « il faut s’assurer qu’ils n’ont pas dans le sang  un taux d’alcoolémie supérieur à… » ?, se demande une correspondante du midi de la France.

Eh bien oui, car c’est là un pléonasme, c’est-à-dire cette faute de langage consistant à employer des mots ou expressions inutiles. Les pléonasmes usuels les plus banals sont : « voler dans l’air », « construire des maisons neuves », « nager dans l’eau », « dune de sable », « s’entraider mutuellement », etc.

Le suffixe « -émie » (de même que le préfixe « héma- », « hémo- ») représente la racine grecque « hémaitos », qui signifie « sang », de sorte qu’  « alcoolémie » veut dire « présence d’alcool dans le sang ». (Cf. « urémie » = « présence d’urée dans le sang », etc.)

Il faut donc dire, dans ce cas :  « un taux d’alcool », puisqu’il était précisé « dans le sang ». De plus, « taux d’alcoolémie » est également pléonastique, car le dernier mot a aussi pour acception « taux d’alcool dans le sang ». On peut donc écrire, plus simplement : « … qu’ils n’ont pas dans le sang une alcoolémie supérieure à… ».

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 « Plier bagage » (pourquoi figé au singulier ?)

On part « avec armes et bagages », selon les dictionnaires, mais ces derniers donnent « bagage » au singulier dans « plier bagage« … Pourquoi ?!

Il n’est pas possible de donner une explication cartésienne, logique, pour tous les choix orthographiques qui se sont imposés au fil des siècles, qui ont été entérinés par l’usage…

Essayons tout de même d’apporter une réponse : dans les expressions anciennes comportant avec armes et bagages, on fait porter l’accent sur la grande quantité de matériels, sur la totalité de multiples choses : « se rendre avec armes et bagages », c’est accepter une entière défaite, où l’on remet au vainqueur vraiment toutes les choses.

Dans plier bagage, on entend par le dernier mot  –  au singulier  –  les effets, les objets que l’on emporte avec soi lors d’un voyage, d’une expédition. L’emploi de ce singulier est ancien : « Elle avait pour tout bagage une malle et un carton à chapeau »; « Son unique valise contenait tout son bagage »; « le bagage du soldat se compose de… ». Le mot a donc été régulièrement employé au singulier, naguère, non pas pour désigner une mallette, un coffre, une valise (d’où, aujourd’hui, « les bagages » = les valises, les paquets, etc.), mais l’ensemble d’UN attirail, d’UN fourbi, contenants et contenus compris. De là vient le singulier dans plier bagage.

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« Point » à la place de « non »

Une jeune écrivaine voudrait savoir si l’on peut employer « point », seul, en tant que réponse négative…

Oui, cela est licite, mais frise l’archaïsme et/ou la préciosité… Cet emploi doit être en phase avec le contexte : « Viendrez-vous ? – Point ! » (au sens de « Non point ! »). L’usage normal contemporain est de répondre tout simplement : « Non ! ».

Au lieu de « pas » et de « ne pas » (loc. adv. et adv. négatifs), on peut dire et écrire « point » et « ne point », mais, encore une fois, cela relève quelque peu de l’archaïsme. Toutefois, « point » est très utile pour éviter la répétition de « (ne) pas » quand celui-ci figure déjà dans la phrase. Exemple : « Je n’ai PAS voulu lui dire de ne POINT se déranger » ; « Je ne lui ai POINT dit que je n’irai PAS à Bruges ». La formulation peut y gagner en élégance. Hors ce risque de répétition, « point » s’emploie encore parfois, tantôt par recherche du bien-dire (« Ne vous troublez point, chère amie »), tantôt, au contraire, par imitation du parler campagnard (« J’irons point à la fouère ! » ; « Tout ça, c’est bien beau… mais c’est point tout ! »).

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« Pour tout de bon »

« Est-il correct de dire : Il est parti pour tout de bon  ?, nous demande un fidèle correspondant de Nantes.

La faute est sans doute vénielle, mais il faut s’abstenir d’employer cette tournure, généralement jugée comme étant de style familier, relâché…  On peut tolérer pour de bon, alors que la langue soutenue (mais rendue peut-être un peu archaïque par l’évolution du langage) exige  –  exigeait…  –  tout de bon (il est parti tout de bon).

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Présent(s)

         Un excellent familier des dictées nous interroge sur un problème qui, manifestement, suscite une perplexité générale : « Je sèche devant la phrase suivante : « Plusieurs responsables et personnalités politiques ont répondu présent… ». Le pluriel ou non à accorder au mot présent me pose une colle. Par avance, merci pour le temps que vous voudrez bien m’accorder pour résoudre cette énigme. »

         J’ai envoyé ma réponse à cette personne qui souvent a été sur le podium de mes dictées. Mais, comme il s’agit d’une interrogation récurrente, que nombre d’usagers du français partagent, je reproduis question et réponse (de façon anonyme, évidemment, c’est le principe de ce site) dans ce service de dépannage de langue française. Cela, tout en redisant que je ne suis ni omniscient ni infaillible. « Avec ce que je sais, on peut écrire un dictionnaire ; avec ce que je ne sais pas, on peut monter une bibliothèque. »

         Il faut accorder dans le style direct :

            « Élève Sigismond Barbenpointe ?…

          – Présent !

          – Angèle Delta ?…

          – Présente !

          – Alex et Alain Térieur ?…

          – Présent(s) ! » (Ou chacun réponse individuelle, ou réponse collective des jumeaux !)

         Sinon, je pense qu’il faut laisser invariable : « Ces associations caritatives ont toujours répondu présent ! ».

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« président » ou « Président » de la République ?

« Faut-il une majuscule à « président » dans « président de la République » ?, telle est une question récurrente au sein des centaines de questions arrivant chaque semaine…

Non, le terme important est République, raccourci pour la République française, nom de notre pays, via un terme désignant aussi la forme de régime politique. Les personnes élues à l’Elysée n’en sont que des locataires provisoires, alors que l’Etat républicain, lui, est une entité en principe immuable, bien plus importante.

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Prononciation (fort)

Faut-il prononcer le « t » final de « fort » dans l’expression « fort aimable » ?…

Non, la liaison se fait avec le « r » (et non avec le « t ») : « Il est for-aimable ». La prononciation du « t » est donc réservée au féminin « forte ».

Au masculin pluriel, le « s » ne se lie pas non plus ; Littré donne l’exemple : « des hommes for[ts] et hardis ».

Prononciation (pupille)

Nom féminin au sens oculaire, pupille est masculin au sens d’ « orphelin assisté ». Il faut dire, en principe, « pupile« , comme s’il n’y avait qu’un « l »… Et, effectivement, des poètes classiques en ont tenu compte, tel V. Hugo dans Dieu (« Les voix ») [remarquer au passage l’élision du « s » final de « Thèbes », pour la métrique] :

     Va de Thèbe Heptapyle à Thèbe Hécatompyle;

      Eblouis-toi d’énigme et d’effoi la pupille.

Les choses ont évolué… On entend aujourd’hui la prononciation « ye » pour toutes les acceptions; surtout au sens oculaire. Lorsque le mot est masculin, l’usage est un peu plus partagé, et la prononciation « ile » demeure…

Q

ès qualités

Faut-il vraiment mettre « qualités » au pluriel dans « ès qualités« , s’étonne une consoeur journaliste d’un journal hebdomadaire de l’Ouest…

Mais oui : il n’y a pas d’exception !  Du fait que « ès » est la contraction de « en » plus « les », cette préposition doit forcément, et toujours, précéder un mot au pluriel, que ce soit dans « docteur ès sciences », « expert ès fromages » ou « agir ès qualités » !

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« Quel(le) que » (mode du verbe après)

« J’ai été étonné de lire, dans un journal : « […] et, cela, quel que sera le résultat de l’élection »… Cette construction est-elle correcte ?

Non… Nous avons ici une bévue grammaticale, la formulation est incorrecte. Quel(le) que exige le subjonctif. Pour exprimer le futur dans le subjonctif, il faut employer le verbe accidentellement auxiliaire devoir.  Ici, on corrigera la phrase en : « … quel que doive être le résultat de l’élection ».

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 « les quelque »

Lorsque l’on dit « quelque cinquante employés vont être licenciés », je suis d’accord : quelque est un adverbe, donc demeure invariable. Mais, lorsque l’on dit : « les quelque(s) cinquante employés qui vont être licenciés« , pour moi le quelque est un adjectif, donc variable, car, pour moi, on ne peut pas dire : « les environ cinquante employés… » Mais je ne suis pas sûre de mon raisonnement, et j’ai peur d’introduire une faute… Aurez-vous la gentillesse, une fois de plus, d’éclairer ma lanterne ? », nous écrit une correctrice d’édition…

Désolé de contredire une jeune « pêcheuse de perles (orthographiques) »… qui se complique inutilement la vie. Même associé à les, quelque est bien encore un adverbe, et invariable, au sens de « la cinquantaine d’employés », « les cinquante employés, environ »…

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« Quiconque » comme sujet

« Doit-on vraiment n’employer « quiconque » que comme sujet  ? », nous demande un élu de la République.

Le mot quiconque revient assez souvent dans des textes officiels, et la question est légitime… D’autant plus légitime qu’il y a deux avis !

Ce pronom indéfini, qui n’a pas de pluriel, doit  –  selon les puristes  –  être obligatoirement un sujet : « Quiconque aura enfreint la loi… ». Selon eux, toute autre construction est incorrecte, telle la phrase suivante : « Je ne me fierais jamais à quiconque en pareille circonstance ! ». Il faudrait, ici, écrire : « Je ne me fierais jamais à qui que ce soit… ».

En revanche est excellente, en toute rigueur, la formulation ci-après : « Je ne me fierais jamais à quiconque ne me donnerait pas des garanties suffisantes », car ici quiconque est sujet d’un verbe (donner).

Cette façon d’écrire est assurément toujours la plus pure, et l’on ne peut que la recommander. L’usage  –  ce grand maître qui finit par tout imposer  –  tranchera peut-être au fil des années en faveur du « ad libitum », voire en faveur de la construction aujourd’hui encore critiquée.

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R

« Rectitudinaire » : barbarisme ?

Un internaute s’étonne d’avoir trouvé le mot « rectitudinaire« , qu’il compare à « bravitude » (dont on a beaucoup parlé !), et voit dans ces deux mots des barbarismes à condamner…

A notre connaissance, l’adjectif « rectitudinaire » a été forgé par le linguiste Julien Teppe, auteur de « Caprices du langage », un ouvrage très intéressant.

C’est d’ailleurs dans ce livre qu’il se justifie d’avoir créé et introduit ce mot dans un de ses romans par le fait qu’il n’en existait pas d’autre qui pût exprimer la nuance désirée, « hormis le désuet « droiturier », cher à Montaigne mais insuffisant dans la mesure où la rectitude se différencie de la droiture ».

Le terme n’a pas fait florès, et il est même étonnant qu’on puisse le trouver dans un texte… Quant à « bravitude » exprimant une autre notion (« attitude marquant la bravoure », par exemple) que « bravoure », cela peut éventuellement s’admettre, dès lors que ce mot est employé sciemment, à bon escient…

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Partisans de Ségolène Royal : « royalistes » ou « Royalistes » ?

Une charmante jeune consoeur journaliste se demande si, afin d’éviter des confusions, il ne faudrait pas mettre une majuscule à « Royalistes » quand il s’agit des partisans de Ségolène Royal…

Non, le contexte, en principe, éclaire suffisamment les lecteurs pour que ceux-ci ne prennent pas les supporte(u)rs socialistes de Ségolène Royal pour des adeptes de la monarchie !  De plus, cela romprait l’uniformité qui règne pour « jospiniens » ou « jospinistes », « fabiusiens », « strauss-kahniens », « delanoïstes », « mitterrandiens », etc.

On devrait voir réapparaître « aubryistes » (plutôt que « martinistes »), aussi.

« Ségolistes » est parfois employé, voire « ségolénistes », mais cet usage est très minoritaire. Le… « courant »  (A, B, C, ou Z !!) ne passe pas entre ce terme et les médias.

S

« Saxon »

« Pourquoi appelle-t-on « un saxon » une personne qui trahit son camp ? », nous demande un groupe de collégiens.

Saxon a pris le sens de « félon », de « traître », à la suite de la bataille de Leipzig (octobre 1813), dite « bataille des nations » tellement fut grand le nombre des soldats engagés… Les combats furent acharnés, et meurtriers. Les coalisés, plus nombreux, finirent par l’emporter sur Napoléon.

Un des faits marquants fut le passage à l’ennemi, en pleine bataille, des troupes saxonnes, censées être du côté des Français… Ce retournement de veste  –  ou d’uniforme  –  à la dernière minute fut considéré  –  côté français  – comme le comble de la félonie.

A partir de là, donc, ce qualificatif méprisant a été associé à des individus qui changent de camp, de parti, au dernier moment, par arrivisme, esprit de lucre,

ressentiment, déception d’ambitions dévorantes… Si  « transfuge » désigne quelqu’un qui, généralement, n’attend pas le dernier moment pour changer de camp, le « saxon« , lui, est le traître absolu, reniant à la dernière seconde, par intérêt et/ou vengeance,  ce qu’il a dit ou écrit, quittant ses « amis » avec armes et bagages (c’est-à-dire, éventuellement, avec fichiers et dossiers)…

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« Second conflit mondial »

« Comme il faut écrire Seconde Guerre mondiale avec deux majuscules, faut-il en faire autant avec « second conflit mondial » ? », nous demande un correspondant des Bouches-du-Rhône.

Non : Seconde Guerre mondiale est un nom propre  –  une dénomination historique consacrée  -, ce qui n’est pas du tout le cas de « second conflit mondial« , qui n’est qu’une façon de désigner cette guerre mondiale.

Rappelons qu’il faut dire « Seconde », et non « Deuxième », puisque, au total, pour l’instant, il n’y a eu que deux guerres mondiales dans l’Histoire. De la même façon que l’on doit dire « le second semestre » (puisqu’une année comporte deux semestres) et « le Second Empire » (la France ayant eu par deux fois, au total,  un régime impérial).

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« Sérendipité » (que désigne exactement le mot) ?

« Que faut-il entendre par « sérendipité« , exactement ? », nous demande une familière des dictées…

Ce mot est le calque de l’anglais serendipity, créé par le Britannique Horace Walpole (1717-1797), dans sa fameuse correspondance. Dans une lettre de 1754, il décrit un portrait de femme, et dit avoir alors découvert, à point nommé, l’explication d’un détail relevant de l’héraldique. Walpole ajoute qu’il est doué pour « ce genre de découverte [qu’il] appelle « serendipity », d’après un conte oriental lu autrefois : les Trois Princes de Serendip, qui découvraient toujours, par accident et sagacité, des choses qu’ils ne cherchaient pas. Par exemple qu’une mule [le conte parle, en fait, d’un chameau], borgne de l’oeil droit, avait suivi le même chemin qu’eux peu auparavant. L’herbe était en effet mangée seulement du côté gauche… où pourtant elle était moins belle que de l’autre. »

La définition la meilleure serait donc celle-ci : « don de faire des découvertes par hasard, en cherchant éventuellement tout autre chose, et par sagacité ». Sherlock Holmes, normalement, avec son sens de l’observation hors du commun et son esprit de déduction surdéveloppé, aurait dû passer entièrement ses journées à démontrer sa sérendipité en plus de mener ses enquêtes logiques et rationnelles!

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Sigle militaire : « RPIMA », « R.P.I.M.A. », « RPIMa », ou… ?

Les événements tragiques survenus au Pakistan [la mort de plusieurs soldats français] ont fait que le sigle « RPIMA » a figuré dans de nombreux articles de presse et dans des incrustations, à la télévision. Or plusieurs de nos correspondants s’agacent d’avoir relevé des graphies divergentes à longueur de journée ! Quelle doit être l’orthographe exacte : « R.P.I.M.A. », « RPIMA », Rpima », « RPIMa », « R.P.I.Ma. »… !!?

L’ignorance, le manque de rigueur, sont à l’origine de nombre de graphies fautives relevées dans les médias. Au temps où l’on écrivait les sigles avec des points, ce qui apportait une grande précision, on écrivait : « le 3e R.P.I.Ma. », « le 21e R.I.Ma. », etc., pour désigner par abréviation le 3e régiment de parachutistes d’infanterie de marine, le 21e régiment d’infanterie de marine, etc. N’étant pas l’initiale d’un mot, mais seulement la deuxième lettre du mot « marine », le « a » doit être en minuscule, même depuis que l’on a renoncé, pour alléger les textes mais au détriment de la précision, à mettre les points d’abréviation. La seule graphie correcte est donc : « le 3e RPIMa » (encore une fois, par une simplification abusive qui contribue à faire disparaître la signification des sigles, nombre de médias écrivent « RPIMA, RIMA, RBIMA, DIMA », etc.)

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sortie(s) « en salle » ou « en salles » ?

Une correctrice, un peu désorientée par les contradictions entre auteurs,entre journalistes, voire entre ouvrages de référence, nous demande s’il faut mettre le singulier ou le pluriel à « salles » …

Traditionnellement, l’usage orthodoxe est d’employer le singulier dans les expressions sortie(s) en salle, sortie(s) en librairie, etc. Mais c’est là un « bon usage » de naguère, semble-t-il, puisque le propre du « bon usage » est d’évoluer constamment sur tel ou tel point… En 2008, l’usage courant est d’adopter le pluriel : la sortie en salles, en librairies, parce que les usagers de la langue  voient concrètement la projection d’un film dans des salles de cinéma, la distribution d’un livre par les libraires, dans les librairies…

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Stupéfait, stupéfié

Je ne comprends pas pourquoi il ne faut pas dire : « le désordre de la chambre avait stupéfait la grand-mère », s’étonne une internaute de Paris…

On ne peut pas utiliser « stupéfait » à la façon d’un participe passé… puisqu’il n’y a pas de verbe « stupéfaire ». C’est « stupéfié » (participe passé du verbe transitif « stupéfier ») qui convient : « … avait stupéfié la grand-mère ».

En revanche, il est parfaitement correct de dire : « J’ai été stupéfait [= adjectif] tant ce spectacle était impressionnant ». Sinon, il faut : « Ce spectacle impressionnant m’a stupéfié ».

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« Supplanter » / « suppléer »

Quelle différence y a-t-il précisément entre « suppléer » et « supplanter » ?, nous demande une étudiante de 1re.

Ces verbes paronymiques n’ont pas le même sens. Si l’on remplace momentanément un collègue absent, on le « supplée ». Si l’on prend sa place, parce que l’on est jugé meilleur, plus sérieux, etc., que lui – ou parce que l’on a intrigué pour l’évincer ! -, on le « supplante ».

« Supplanter » est exclusivement transitif direct, tandis que « suppléer » admet aussi un complément indirect : « son ingéniosité supplée à son inexpérience ».

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T

Minuscule ou majuscule à « terre » ?

« Faut-il, ou non, une majuscule à « terre » quand on écrit : « Avant la venue de l’homme sur terre, les […] » ?, nous demande une jeune correspondante de Boulogne-Billancourt (92).

Lorsque Terre a l’acception de « planète », la majuscule est obligatoire : De la Terre à la Lune (roman de Jules Verne);  « La Lune est un satellite de la Terre« …

En revanche, quand le mot prend la signification de « milieu où nous vivons »,  » le milieu où vit notre humanité », c’est la minuscule qui est la norme : « Tant qu’il y aura des hommes sur terre« , « Ces gens sont les plus malheureux de la terre« , « Pour les catholiques, le pape est le représentant de Dieu sur la terre« , etc.

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« train de Cologne (le)« 

« Est-il correct de dire « le train de Cologne partira de la voie 4″ ? « , nous demande une secrétaire de rédaction.

Il n’est pas pendable de dire, voire d’écrire, cela, mais  –  rigoureusement  –  « le train de Cologne«  devrait être réservé à la désignation d’un train VENANT de Cologne. Pour parler d’un train ayant Cologne pour destination, on devrait toujours dire : « le train pour Cologne »… En tout cas, si l’on est écrivain ou journaliste… à moins de prêter à un personnage ou à une personne le parler un peu négligé de la langue familière.

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Traits d’union dans les noms des rues

« Faut-il, oui ou non, mettre des traits d’union dans les noms des rues ? », demande le premier maire adjoint d’une ville du Centre.

Même si la signalétique n’est pas appliquée avec rigueur dans toutes les administrations, ce qui est bien dommage, la réponse est sans appel : c’est oui !

Si Saint-Malo s’écrit avec un trait d’union, c’est parce qu’il s’agit d’une ville, et non du saint (… saint Malo) dont elle tire son nom. Si j’écris : « J’ai vu Roland-Garros », avec un trait d’union, c’est qu’il s’agit de l’ensemble tennistique installé porte d’Auteuil, à Paris. Et l’on me regarderait avec un air bizarre si j’écrivais : « Samedi dernier, j’ai vu Roland Garros », puisque l’orthographe ainsi adoptée désignerait le fameux aviateur, depuis longtemps décédé… (Evidemment, il pourrait s’agir d’un parfait homonyme, qui, lui, serait vivant !)

Dès lors qu’il s’agit du nom d’un lieu  –  public, administratif, de surcroît  -, et non d’un nom de personne, entre autres, les traits d’union DOIVENT être indiqués ! (On ne tient pas compte des exigences de La Poste, qui, pour se faciliter la tâche, prétend obliger les gens à faire des fautes d’orthographe, sur les enveloppes, dans les noms des personnes (pas d’accents) et des adresses (pas d’accents ni autres signes)…  )

On doit donc écrire :

l’avenue Victor-Hugo ; le square Georges-Brassens ; l’avenue du Général-de-Gaulle ; le boulevard Henri-IV ; la rue du 14-Juillet-1789 ; l’impasse des Trois-Canards ; la place de la Révolution-Française ; le chemin du Diable-Rouge ; la place des Martyrs-de-Châteaubriant ; l’avenue de la Ire-Armée-Française      (N.B. :  re = en exposant).

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M

Maison d’Orange, d’Autriche, d’Espagne…

Des correctrices d’un hebdomadaire se demandent s’il faut mettre une majuscule à « Maison » dans les expressions « Maison de Hollande », « Maison d’Autriche », « Maison d’Espagne »…

L’orthotypographie est une matière qui exige de la rigueur, une grande rigueur, mais à laquelle doit être associé un bon zest de souplesse au regard des divers contextes…

Dans des ouvrages d’histoire, dans des journaux consacrés au gotha, dans des articles spécialisés, on peut accepter de bonne grâce la capitale à « Maison« , bien que cela ne soit pas une obligation… En dehors de ces cas d’espèce pour lesquels on peut montrer de la compréhension, la minuscule doit être la norme.

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Majuscule ou minuscule ?

Une jeune correctrice nous demande s’il faut, ou non, mettre une majuscule au mot histoire dans la phrase suivante : « Tout au long de l’histoire, l’art turc a toujours appris […].

Oui, car ici le terme est pris au sens absolu – ce qui en fait un nom propre – de « histoire du monde depuis la Création, depuis la naissance d’une nation »… Le mot n’a pas, en la circonstance, l’acception de « récit d’une aventure, compte-rendu d’un fait, anecdote… ».

Donc, bien faire la différence entre : « Ce genre de soulèvements paysans est survenu souvent dans notre Histoire » et « Le recours aux quiproquos est excessivement pratiqué par cet écrivaillon dans son histoire ».

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« Une marennes »…

Faut-il vraiment, s’agissant de l’huître, écrire « une marennes » ?, s’étonne une amie de Rennes.

Eh oui : le nom de la commune de Charente-Maritime à juste titre rendue célèbre par ses excellentes huîtres devient ici un nom commun obtenu par ellipse… Une « marennes » = une « huître élevée à Marennes« , la minuscule devient obligatoire (cf. « un camembert » pour « un fromage de Camembert ») et le maintien du « s » final est également une obligation logique.

Attention à l’homonyme « marraine » : « Ma marraine d’Oléron nous a envoyé une bourriche de marennes« …

Il existe des paronymes qui sont homographes entre eux : LA Maremme est une région d’Italie, du latin « maritima » : « terre située près de la mer », tandis que LE Maremme est un pays aquitain situé entre le Marensin, le Seignant et la Chalosse.

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N

« Ni l’un(e) ni l’autre » (accord du verbe avec)

« Doit-on mettre le verbe au singulier ou bien au pluriel quand le sujet est « ni l’un(e) ni l’autre » ? », s’interroge un jeune secrétaire de rédaction de la PQR (presse quotidienne régionale).

Eh bien [noter l’interjection « eh », souvent transformée erronément en « et »], c’est ad libitum, généralement : « Ni l’un ni l’autre ne viendra » ou « Ni l’un ni l’autre ne viendront »; »Ni l’une ni l’autre ne sait chanter » ou « Ni l’une ni l’autre ne savent chanter ». Fort évidemment, le singulier s’impose si l’un des sujets exclut nécessairement l’autre, s’ils ne peuvent prétendre tous deux être ou faire ce qu’exprime la phrase : « Ni l’une ni l’autre n’est sa mère ». Le pluriel est absolument obligatoire si le verbe est placé devant, avec un pronom personnel :

  » Elles ne dansent la valse ni l’une ni l’autre« .

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« Nous majestique » (le)

« Ce spectacle nous a laissés froid » : tel est le texte relevé dans un journal belge par un lecteur attentif, qui s’interroge sur la discordance entre « laissés » et « froid », et qui nous demande s’il n’aurait pas fallu mettre tout au singulier (le « nous majestique »), puisque c’est un critique théâtral qui s’exprime…

Passons rapidement sur la « coquille » qui a abouti au monstre « laissés froid », évidemment erroné…

Tout comme il y a le « nous de majesté » (en France, on ne dit pas « nous majestique ») employé par un monarque, un prince, un empereur…  (« Nous, Isidore II, sommes attristé par la situation de nos sujets résidant en… »), il existe, pour les écrivains mais surtout pour les journalistes, le « nous de modestie », censé exprimer la distance prise par un observateur face à une situation, un acte, etc.  « Nous nous sommes rendu dans la capitale dévastée par les émeutiers… ». Le « je » est en principe haïssable, car peu modeste…, quand un journaliste parle ou écrit…

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 « nouvelle vague (la)« 

« Quel traitement orthotypographique doit-on adopter pour le groupe de cinéastes français que l’on désigne par « nouvelle vague » : Truffaut, Godard, Chabrol, Demy…? », nous demande une amie éditrice.

La question porte donc sur le choix entre des minuscules ou des majuscules, le recours à l’italique, la mise entre guillemets, etc., pour cette dénomination bien connue. La perplexité de notre correspondante est bien légitime : le Petit Larousse illustré n’a-t-il pas une entrée intitulée nouvelle vague, en caractère gras, avec deux minuscules et sans guillemets, alors qu’à l’article « Truffaut » ce même dictionnaire écrit « nouvelle vague«  avec deux minuscules ET des guillemets.

– La mise en italique  ne serait pas orthodoxe; de plus, l’italique sert déjà pour beaucoup de choses. Nous écartons cette option.

– L’adjectif précédant le nom dans cette dénomination, deux majuscules peuvent être indiquées dès lors que l’on voit ici un surnom, donc un nom propre, d’école, de cercle, de chapelle du cinéma. D’où :

       Godard, Chabrol et Truffaut demeurent les têtes de proue de la Nouvelle Vague

– La variante « Nouvelle vague » est à exclure : derrière l’adjectif en majuscule on ne saurait avoir un substantif avec une minuscule. L’autre variante « nouvelle Vague » est à rejeter : ce n’est pas le troisième ou quatrième  avatar d’un mouvement s’appelant « Vague ».

– La version avec deux minuscules sans guillemets n’est pas satisfaisante : l’expression est alors complètement banalisée, ne désigne pas précisément ce petit groupe de cinéastes; elle peut s’appliquer à n’importe quelle mouvance censée apporter du nouveau… Mais le contexte l’explicite !, nous objectera-t-on. Cela n’est pas certain, et dépendra de la formulation des phrases…

– Reste une variante très acceptable : la mise entre guillemets, en laissant deux minuscules… Deux minuscules si l’on se dit que ce n’est pas vraiment une dénomination officielle, mais un surnom donné à ce groupe par des journalistes. Les guillemets précisent alors de qui il s’agit, ce ne peut plus être une… vague dénomination.

Personne n’y verra des guillemets-« pincettes » signifiant qu’il ne s’agit nullement d’une « nouvelle » vague…

–  Le cumul deux majuscules plus guillemets est excessif, et ne peut être retenu.

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O

ouate (élision ou non)

Un fidèle correspondant s’interroge : « Faut-il, ou non, faire l’élision avec le mot ouate : « de la ouate » ou bien « de l’ouate » ? »

         La totalité des dictionnaires généraux usuels et des « dictionnaires de difficultés » contemporains admettent l’élision ou l’absence d’élision, semble-t-il. Ad libitum, donc ! Une chanson à succès des années 1980, au vocabulaire minimaliste, avait opté pour « c’est la ouate  (qu’elle préfère) »…

            Mais, au pluriel, il ne semble pas que, dans la langue courante, l’on fasse l’élision : ils sont revendeurs de ouates cardées (et non « d’ouates cardées »). Et la liaison n’est pas observée : « des ouates », et non « des (z’)ouates »…

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« ovalie (l’)« 

Peut-on mettre une majuscule à « Ovalie » ?, nous demande une jeune journaliste…

Pour les férus de rugby, le monde du ballon ovale s’appelle l’ « Ovalie« . Ce mot devient donc en quelque sorte le nom propre de cette planète sympathique, et la capitale s’impose, rendant superflus (mais non interdits), dans ce cas, les guillemets. Adopter la graphie avec minuscule initiale n’est pas interdit, mais alors la mise entre guillemets est nettement à préférer.

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F

« à facettes »

Faut-il toujours mettre « facettes » au pluriel quand ce mot est précédé de « à » ?

Oui : « des yeux à facettes« , « un style à facettes« , « des mots à facettes« , « une femme à facettes« …

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« faux derche » ou « faux derch » ?

L’orthographe de l’argot comporte souvent des variantes avant que ne s’impose éventuellement une graphie que ratifient les dictionnaires, ou, du moins, une partie d’entre eux. Un internaute nous demande, ainsi, comment il faut écrire « derch(e)« …

« Derj » (variante délaissée), « derch » ou « derche » est un nom masculin usité dans la locution « faux derch(e)« , au sens de « faux jeton, traître, hypocrite, individu pas franc du collier »… et de « faux cul » (« derch(e) » signifiant « derrière », selon des argologues).

Aujourd’hui, la graphie « derche » s’est imposée.

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« Festival » ou « festival » ?

« Je ne sais plus ce qu’il faut faire pour « festival » ! », déclare une responsable d’édition. On voit tout et son contraire ! »

Effectivement, il y a de quoi être décontenancé à la lecture des journaux, des revues, des dossiers de presse (abusant des majuscules), des annonces sur internet, etc.

Naguère, « festival«  était considéré comme un terme générique banal, et n’avait pas de majuscule, au contraire du terme spécifique : « le festival des Contes fantastiques », « le festival des Fraises », etc.  Au fil des décennies, la médiatisation, la publicité, ont fait porter l’accent sur le terme festival, considéré comme valorisant et attractif par les organisateurs, les sponsors, les municipalités L’orthotypographie s’est donc inversée, généralement : « le Festival des contes fantastiques », « le Festival des fraises »…

Certains, minoritaires, optent pour des majuscules à tous les noms (et aux adjectifs qui seraient placés devant un nom) : « le Festival des Contes fantastiques », « le Festival des Vieux Films comiques », « le Festival des Fraises »…

Lorsque festival est employé seul, la règle était de considérer qu’il s’agissait là du nom commun ordinaire  « le festival est organisé par… », « pour les trente ans du festival« …

Aujourd’hui, la notoriété d’un festival, la puissance des sponsors ou mécènes qui le soutiennent, l’implication des médias, etc., imposent la majuscule pour quelques-uns de ces festivals, celui de Cannes, par exemple : « Le Festival s’est ouvert par… », « Les principaux membres du jury du Festival sont déjà arrivés sur place »…

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appartement(s) de fonction… ou de fonctions ?

« Dans les expressions appartement(s) de fonction, voiture(s) de fonction, faut-il laisser le dernier mot au singulier ou doit-on mettre le pluriel fonctions ? », nous demandent de jeunes journalistes de la PQR.

Sans hésitation, la réponse est : au singulier. Ces avantages (appartement, voiture, etc.) sont liés à LA fonction exercée.

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Fontaine ubérale

Que peut bien être une « fontaine ubérale » ?!…  C’est ce que nous demande un correspondant de Chamalières, en Auvergne.

L’adjectif ubérale n’existe qu’au féminin. Ce qui se comprend lorsque l’on aura lu la suite : une fontaine ubérale est une fontaine ornée de la statue d’une femme ou de plusieurs statues de femmes lançant des jets d’eau par leurs seins (latin uber : « sein »).

Il n’y a aucun rapport, évidemment, avec… l’allemand über alles !

G

« Guère » suivi d’un singulier ?

Faut-il, ou tout du moins peut-on, faire suivre l’adverbe « guère » d’un mot au singulier, quand ce dernier terme désigne autre chose qu’une matière non dénombrable ?, nous demandent des amis belges appartenant au milieu des férus de dictées.

Après avoir tout d’abord salué cordialement ces fanas d’orthographe, voyons ce qu’il en est…

« Guère » signifie « pas beaucoup »… Si l’on dit, par exemple : « Il n’est pas beaucoup de politiciens qui ne soient exposés à la corruption », il est évident pour tout le monde que le pluriel à « politiciens » est obligatoire (donc pour les accords qui en découlent). Puisque « guère » est un synonyme  de « pas beaucoup », il faut alors écrire aussi : « Il n’est guère de politiciens qui ne soient exposés à la corruption ». Il n’est pas logique, pas licite, d’écrire : « Il n’est guère de politicien qui ne soit… ».

Le pluriel doit donc être la règle chaque fois qu’il est question d’êtres ou de choses dénombrables : « Il n’y a guère de nuages dans le ciel, maintenant ! »; « Je n’ai plus guère de pommes dans mon verger »…

En revanche, « guère de » doit être suivi du singulier chaque fois qu’il est question de choses non dénombrables, soit qu’il s’agisse d’une matière fluide ou pulvérulente : « Tu n’as guère mis de sel dans ce potage », «  »Ils n’ont guère d’eau, dans ce pays ! »; soit que le propos roule sur des sentiments ou des abstractions : « On ne trouve guère de fantaisie dans cette pièce ni d’imagination chez son auteur ».

Le raisonnement ci-dessus permet de marquer des intentions. Par exemple : « Il n’y a guère de raison dans vos arguments ». Avec « raison » au singulier, cela veut dire que ces arguments sont peu raisonnables, que la raison ne les caractérisent pas spécialement; avec « raisons » au pluriel, on veut dire que les arguments sont dénués de motifs, qu’on n’a pas cherché à les étayer par de convaincantes démonstrations.

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Côte de « Granit rose » ou de « Granite rose » (la)

La région de Perros-Guirec (Côtes-d’Armor) doit-elle s’écrire « Côte de granit rose » ou bien « de granite rose » ?, s’interroge un correspondant de Libourne (Gironde).

Tout d’abord : il faut obligatoirement, dans cette dénomination touristico-géographique, mettre une majuscule à « Granit« , c’est devenu depuis longtemps l’usage pour ces appellations (cf. : la Côte d’Azur, la Côte d’Argent, la Côte d’Emeraude, la Côte d’Amour, la Côte d’Opale, la Côte des Abers, etc.). Ensuite, c’est la graphie « Granit« , sans « e », qu’il faut suivre. Une graphie qui est, de loin, la plus courante dans l’usage. Granite est une variante surtout employée par les géologues.

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« groseille à maquereau » ou « à maquereaux » ?

« Le mot maquereau est-il au singulier ou bien au pluriel dans « groseille à maquereaux(s) », ou bien est-ce sans importance ? », nous demande une amie (excellente cuisinière) de Libourne (Gironde).

Nous parlons donc de la variété de groseille entrant dans la préparation d’une sauce particulièrement concoctée pour être servie avec UN poisson : LE maquereau. On retient donc la notion d’espèce de poisson (cf. « acheter du lieu », « manger de la raie », « servir de la saumonette », etc.), et le singulier s’impose : la groseille à maquereau, des groseilles à maquereau.