Le mot du 2 juin 2014

Abdication

        Le roi d’Espagne Juan Carlos Ier, monté sur le trône en 1975, a annoncé lundi 2 juin qu’il allait abdiquer au profit de son fils Felipe, 46 ans. Âgé de 76 ans, le monarque ibérique s’efface donc après un règne d’environ huit lustres tandis que la reine Elizabeth II, elle, n’entend pas, semble-t-il, d’après les informations venant constamment d’outre-Manche, céder la place, à 88 ans (née le 21 avril 1926), ni à son fils ni à un autre membre de la famille…

      Très apprécié durant de nombreuses années en tant que monarque démocrate, Juan Carlos Ier se retire sur une fin de règne beaucoup plus contestée, marquée par les soucis de santé, mais aussi, et surtout, aux yeux des Espagnols, par des scandales divers.

          Tout en soulignant que Juan Carlos Ier a été « le plus grand promoteur de notre démocratie », le Premier ministre, Mariano Rajoy, a souhaité que même si le processus d’abdication doit être approuvé auparavant par une loi organique le Congrès espagnol approuve rapidement la nomination comme roi de Felipe.

            Au sens juridique d’ « action de renoncer à de hautes fonctions, à une dignité, à une charge », la première datation relevée se trouve dans André Thevet, les Vrais pourtraits et vies des hommes illustres grecz, latins et payens, recueilliz de leurs tableaux, livres, médailles antiques et modernes (1584), 541 v°, Delboulle dans Quémada, Datations et documents lexicographiques : matériaux pour l’histoire du vocabulaire français  : « Mais pour son abdication volontaire [de la dignité de chancelier] ne peut-il adoucir le cœur ulcéré du roy ».

           Dans un contexte devenu difficile, Juan Carlos Ier ne s’est pas enfermé dans l’obstination, mais a opté à raison pour un désistement, une renonciation, qui ainsi ne prend pas l’allure d’un abandon pénible, d’une chute affligeante .

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