Le mot du 3 juin 2014

 Virulence

            De nombreux médias soulignent la virulence du Premier ministre français Manuel Valls dans la plupart de ses interventions. Cette intensité dans la fougue oratoire détonne (« sort du ton habituel »), et même… détone (avec un seul « n » : explose !), par comparaison avec la placidité, ou, plutôt, la modération qu’affichait M. Jean-Marc Ayrault. Ce dernier se forçait peut-être, en un certain nombre d’occasions, au sang-froid et à l’égalité d’humeur…

            Cette vivacité généralement peu allègre, mais le plus souvent caustique, est en adéquation avec le visage le plus souvent fermé, maussade, malgracieux, presque haineux, qu’arbore M. Valls, assis à son banc, lorsqu’il écoute les parlementaires de l’opposition lors des séances des « Questions au gouvernement » filmées par les caméras de France 3. Loin de s’astreindre à l’imperturbabilité et à l’impassibilité, le Premier ministre exprime, sans doute excessivement, par ses expressions et par son regard furieux (« Opposition, souviens-toi qu’un œil noir te regarde ! », cf. Carmen de Bizet ! J ) son engagement entier. Ses partisans y voient certainement la franchise, la sincérité de ses options, la conviction de ses opinions…

            Cependant, virulence (du bas latin et latin chrétien virulentia, « mauvaise odeur, infection » ; au figuré : « poison [d’une hérésie] » )n’est pas un terme à connotation positive, sympathique. En médecine, autrefois, le mot désignait le caractère de ce qui est « nocif pour l’organisme humain ». Plus près de nous, en biologie, on y voit la « capacité d’un germe infectieux de se multiplier dans l’organisme et d’y provoquer un état pathologique ». Et, si l’on y voit certes du mordant, de la vigueur, de la vivacité, le vocable a une forte et indéniable charge de nocivité, d’agressivité…

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