Le mot du 9 septembre 2014

frondeur

            Les députés contestataires, au sein du Parti socialiste, cachent de moins en moins leur malaise, leurs réticences, leur opposition, à la politique menée en France. Ils ne sont pas dans le persiflage, dans la raillerie, dans l’impertinence, dans la moquerie… Non, la contestation est plus sérieuse, plus argumentée, et l’on ne voit pas se mettre en évidence, semble-t-il, de vulgaires hâbleurs superficiels…

            Le terme de frondeurs a été adopté pour désigner ces élus qui ne veulent pas être des « godillots » et qui contestent, au nom de leurs valeurs, une ligne politique allant, à leurs yeux, de plus en plus vers le centre, voire le centre droit. Toutefois, ces élus ne veulent pas « casser la baraque », n’entendent pas faire chuter le gouvernement, mettre à bas un parti politique auquel ils appartiennent. D’aucuns les féliciteront de ne pas trahir leur parti, les loueront de se montrer « responsables » en surmontant leurs divergences. D’autres les railleront, en les accusant d’aller jusqu’au Rubicon… pour y pêcher à la ligne, et d’oublier les motifs de leur contestation devant les risques de dissolution de l’Assemblée nationale et de la perte de leurs propres sièges.

           L’acception de frondeur est donc parfaitement confirmée par ces constats : le frondeur regimbe par moments, grogne comme les soldats de la Vieille Garde napoléonienne, rouspète, râle, bougonne, proteste parfois véhémentement, se refuse à être un béni-oui-oui. Mais le frondeur, même le plus déterminé, ne s’engage pas dans une dissidence plus marquée, ne s’insurge pas plus franchement (à l’exception historique, bien évidemment, des combattants de la Fronde [1648-1653]). Il utilise un lance-pierre(s), une fronde, pas un fusil-mitrailleur ni un crapouillot, même au sens figuré !

            Le mot frondeur – substantif, mais aussi adjectif : un esprit frondeur – est daté, officiellement, de 1648 avec le sens de « soldat armé d’une fronde ». Lorsqu’il désigne les insurgés de la Fronde parlementaire, puis de la Fronde des princes, soulevés contre la pression fiscale et – ou – l’absolutisme royal, le terme reste un nom commun, sans majuscule.

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      3e dictée du Salon de l’écriture de la Mairie du VIIe arrondissement de Paris : devant la coïncidence de date (5 novembre) avec la 10e dictée Jules-Verne de Nantes, au conseil général de Loire-Atlantique (dictée fixée depuis plusieurs mois), la Mairie du VIIe étudie la possibilité d’un changement de date…  À suivre.

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