Le mot du 28 octobre 2014

dissolution

          Prenant sans nul doute leurs désirs pour des réalités, des adversaires du président de la République et – ou – du gouvernement laissent entendre qu’une dissolution de l’Assemblée nationale interviendrait bientôt. Ils expriment là, en fait, plus un souhait qu’une conviction : on voit mal M. Hollande précipiter sa majorité dans le désastre, dans la débâcle ! Des politologues, des journalistes politiques, vont jusqu’à prédire que le Parti socialiste y perdrait neuf députés sur dix…

          Les députés dits « frondeurs » en sont bien conscients, qui savent jusqu’où ils peuvent aller, en se résignant à avaler des couleuvres.

          De dissolution à dissoudre, il n’y a évidemment qu’un pas. Je rappelle que ce verbe se conjugue comme absoudre. Il faut donc dire : « J’attends que ce comprimé se dissolve », et non « se dissoude », bien que Scarron ait employé ce subjonctif présent incorrect, et que Victor Hugo en ait fait autant – pour la rime avec coude – dans son poème Dieu (« Au seuil du gouffre ») : « Jusqu’à ce qu’il s’en aille en cendre1 et se dissoude ».

          À la 3e personne du singulier du présent de l’indicatif, la lettre finale est un t, et non un « d » : il/elle se dissout. Notez, aussi, le s final du participe passé, dissous, bien que son féminin soit : dissoute.

          … Il serait plaisant qu’un jour une Assemblée soit dissoute pour avoir été dissolue (dévergondée, dépravée, débauchée) !  ☺

 1. Oui : cendre, au singulier.

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