Le mot du 8 décembre 2014

caniveau

           Les linguistes, les lexicologues semblent se perdre en conjectures – et non en « conjonctures » ! – sur l’origine de caniveau… L’hypothèse la plus logique, mais qui n’est pas avérée par tout le monde, renvoie au latin canabula, « canal de drainage ». Après avoir été une rigole grossièrement taillée et servant de tout-à-l’égout, si l’on peut dire, au milieu des rues, le caniveau est devenu une rigole longeant les bords des trottoirs et servant à l’écoulement des eaux de la chaussée. Pour autant, on n’y trouve pas que l’eau pure des ondées ou des averses…

      Le mot évoque donc, surtout par son passé, des termes peu ragoûtants comme immondices, sentine, cloaque, égout, bourbier, bas-fond, ordures, vidange, etc. Il n’est donc pas étonnant de voir repris caniveau, à juste titre, hélas, pour  qualifier  une certaine presse se repaissant de faits-divers sordides, d’ « informations » immondes, de nouvelles sans intérêt mais bien graveleuses… Il s’agit principalement d’une certaine presse écrite – y compris de journaux qui furent naguère « potables », voire honorables –, mais il faut y ajouter quelques autres médias.

            Le dégoût que suscitent la presse caniveau, les journaux caniveau, les médias caniveau  (il n’y a pas de trait d’union, et caniveau est figé au singulier) ne doit pas conduire à réserver le même opprobre à la presse « people » (ce dernier mot est assez souvent écrit pipole, d’ailleurs). Certes, cette dénomination porte parfois sur une presse dite « à scandale », peu reluisante elle aussi, tandis que les autres journaux et médias « people » sont principalement des organes relevant de la presse « à sensation » et traitant de l’actualité des personnes publiques, des personnalités médiatisées… Les meilleurs de ces médias « people » ne sombrent pas dans la trivialité ni dans l’indigence rédactionnelle.

Les commentaires sont fermés.