Le mot du 22 décembre 2014

bouée

            Les récents accidents à répétition concernant  notamment des ferrys ont fait apparaître le mot bouée parmi les termes récurrents des informations…

            Bouée est un mot courant à l’acception connue ; cependant, son origine est plutôt incertaine. L’hypothèse la plus plausible est de rattacher ce vocable au néerlandais boeye, qui signifie « flotteur », « balise ».

            Apparu sous la forme boue, puis devenu bouée, le mot a tout d’abord été employé  (XIVe siècle) pour désigner un morceau de bois ou de liège qui flotte au-dessus d’une ancre, pour indiquer l’endroit où celle-ci est mouillée. Sans bouée, relever l’ancre serait la bouteille à l’… encre : un problème insoluble !

            Ensuite, bouée fut utilisé pour dénommer un morceau de liège, de bois, toujours, qui signale un récif, un écueil, une épave qui affleure, ou tout autre danger (XVIIe siècle) : bouée de corps-mort, bouée lumineuse…

            Enfin, le mot est employé pour désigner un anneau de caoutchouc, de plastique, de liège, etc., permettant à une personne en difficulté (ou apprenant à nager) de se maintenir à la surface de l’eau. En quelque sorte, c’est une « roue de secours ». Cette bouée peut revêtir des aspects plus ludiques, des formes variées, notamment celles destinées aux enfants.

            Au sens figuré, « bouée de sauvetage » se dit pour qualifier un secours de dernière minute, une « planche de salut », voire une personne providentielle qui va rétablir une situation compromise, redorer le blason d’un dirigeant politique au plus bas dans les sondages.

            Le langage populaire a repris l’expression pour parler avec humour des bourrelets, en particulier au ventre, à l’estomac, dont se désolent ou se réjouissent – cela dépend des individus – un certain nombre de personnes : « Le bateau peut bien sombrer : toi, tu as toujours avec toi ta bouée de sauvetage ! ».

            Ce n’est pas du tout cette bouée que l’on retrouve dans maints chants de marins. Si la prononciation est identique, c’est boués qu’il faut écrire (= nom masculin pluriel), car il s’agit certainement de la déformation de l’anglais boys (« garçons, camarades, copains, potes, gars… »). Citons deux chansons bien connues de ceux qui s’intéressent au répertoire des gens de mer :

                        Aux mille mers j’ai navigué, oh ! mes boués !

                        Hou la !  Hou la la la !

                                                                (Pique la baleine.)

 

C’est Jean-Françoué de Nantes…

                        Oué ! Oué ! Oué !

                        Gabier de la Fringante, oh ! mes boués !

 

                                                                 (Jean-François de Nantes.)

 

 

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