Le mot du 26 janvier 2015

coolitude

            Quelques chroniqueurs ont glissé cette semaine dans leurs textes ce terme qui rappelle sans doute un certain néologisme, ou barbarisme : « bravitude » !  La signification ne souffre pas d’ambiguïté : à chaque fois, l’acception est clairement « attitude de ceux qui gardent leur calme », « comportement consistant  à    rester    décontracté,   relâché,   relax,   zen »…   Cela   dit,      les…   « coolitistes », les « cooliteurs et cooliteuses » (?!) sont-ils des individus des plus sympathiques, par leur décontraction, leur pacifisme, leur sérénité, leur bonhomie, ou bien sont-ils à critiquer pour un détachement égoïste des problèmes, une insouciance irresponsable, une indolence négligente ?…

            Par ailleurs, il existe un autre coolitude, d’emploi rare, qui est un dérivé de… coolie ! Oui, coolie : mot d’origine peu sûre (peut-être du nom d’une population vivant au nord de Bombay, en Inde) et qui désigne, en Asie, un portefaix, un porteur, un manœuvre, un homme employé aux travaux pénibles. Le vocable est apparu en 1992 dans un ouvrage de l’écrivain et poète mauricien Khal Torabully : Cale d’étoiles, coolitude. Reprenons ce qu’en disent la plupart des quelques articles lexicologiques : « Ce mot désigne un concept de diversité culturelle né de la mise en relation des Indes avec d’autres espaces culturels à la suite de l’abolition de l’esclavage. Dans l’esprit du Patrimoine mondial de l’Unesco, il ouvre l’expérience du coolie à la diversité culturelle et opère la conjonction entre la route de l’esclave et la route du coolie. »

Rappel aux journalistes de radio et de télévision : il serait vraiment bien, et cela éviterait peut-être de sérieux quiproquos et malentendus, de ne pas prononcer très souvent « il faut briser le jeune » au lieu de « il faut briser le jeûne » !  Surtout dans des phrases où le contexte  n’est pas forcément très clair pour des auditeurs maîtrisant mal le français.

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