Le mot du 17 février 2015

dette

       Qu’il s’agisse de la Grèce, de ses habitants, ou de nouveaux retraités – souvent fort modestes – de la région Nord-Picardie plongés dans le drame par le non-paiement scandaleux, depuis novembre, des pensions qui leur sont dues, un mot lancinant revient dans l’actualité : dette.  Ajoutons les chiffres sidérants avancés pour la dette publique de la France : selon l’INSÉÉ*, la dette publique de la France, ou dette (de l’ensemble) des administrations publiques de la France au sens de Maastricht, s’élevait, à la mi – 2014,  à plus de 2 000 milliards d’euros, soit près de 95 % du PIB.

            Dette vient du vieux mot dete,  issu du latin debita, de debitum, « dette »,  et de debere, « devoir ».  Cf. débiteur (féminin : débitrice) : « personne qui a contracté une dette », « personne qui doit une somme à une autre ». Débiteuse est le féminin d’un autre débiteur : personne qui raconte des fadaises, qui débite des inepties, qui colporte des médisances…  Le terme ne s’emploie pas seul, mais toujours associé à un complément : un grand débiteur de sornettes, une grande débiteuse de mensonges.  Débiteuse est également le féminin de débiteur quand ce dernier mot désigne un commerçant vendant au détail, se livrant au débitage du bois, de la pierre, etc.

            Dette entre dans un nombre très important de locutions et d’expressions : dette de jeu, dette d’honneur, dette flottante, dette liquide, remise de dette… De cette masse linguistique émergent payer sa dette à la patrie, « faire son service militaire » ; avouer (ou confesser) la dette, « reconnaître un fait qu’on voulait cacher »  ou  «  convenir  que  l’on  avait  tort  »…  et  payer sa dette à la nature : « mourir » !  Des expressions bien peu employées aujourd’hui.

*  Comme l’usage, de nos jours, est d’indiquer,  par souci de précision,  tous les accents sur les capitales dans les textes imprimés, le sigle de l’Institut national de la statistique et des études économiques doit, rigoureusement, être : INSÉÉ. La succession, ressentie comme insolite, en fin de sigle, des deux É fait que nombre de journaux, de revues, de livres font une exception et écrivent INSEE.

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