La question du 17 mai 2015

La question du jour : buzz

   Parmi les questions dernièrement reçues, celle-ci, qui concerne un anglicisme…

    La lutte contre l’emploi excessif, abusif, de l’anglo-américain – imposé exclusivement, et c’est un comble, par certaines institutions de la République dans des colloques et des symposiums organisés en France ! – doit être menée avec détermination, sans chauvinisme ni xénophobie. Mais l’arbre ne doit pas cacher la forêt : en France, c’est contre l’appauvrissement généralisé de la culture générale, contre la méconnaissance croissante de la langue française, qu’il faut s’insurger. L’objectif doit toujours être d’amener toute la population au plus haut niveau d’instruction et de culture, compte tenu des possibilités et des aptitudes de chacun.

            « Quelle est l’origine du mot buzz, et quels termes français pourraient remplacer cet anglo-américanisme ? »

 

            Depuis une bonne quinzaine d’années, l’anglicisme buzz, qui a l’avantage d’être un mot court et amusant, s’est imposé dans le langage courant contemporain. Notamment dans les médias et chez les jeunes.

            Dans son dictionnaire franglais-français En vrai français dans le texte (Le Cherche-Midi, 1999), Alfred Gilder traduit le terme par « bourdonnement, frémissement, bruissement, vrombissement, bruit confus, brouhaha », puis par « excitation » et aussi « convergence d’intérêt ». D’où : « technique commerciale, publicité, consistant en une rumeur favorable à un produit dont on attend des prodiges sur le marché », surtout dans « l’industrie  du disque et de la mode ». Il s’agit de « faire du bruit » autour d’une nouveauté, d’une nouvelle offre…

            L’acception a fait florès, et désigne aujourd’hui le battage, le « potin »,  le bruit fait autour d’une personne, d’une déclaration ou d’un événement. N’importe qui peut lancer le buzz à propos de n’importe quoi ! Cela est évidemment facilité par ce qu’on appelle les « réseaux sociaux »…

            « Brouhaha », « bourdonnement » en anglo-américain, buzz est lié aussi, bien sûr, à l’onomatopée bzzz (en principe : trois z !) exprimant le bourdonnement d’insectes comme les grosses mouches. Le bruit énervant des bestioles prend la tête… Le buzz également s’empare des cerveaux à force d’être matraqué, seriné, rabâché, diffusé.

            La traduction la plus proche est donc quelque chose comme : « rumeur destinée à créer un événement », « battage publicitaire destiné à lancer un produit, ou une marque… ou à faire la promotion d’une personne ». Dans ce dernier cas, la démarche n’est pas forcément publicitaire : il peut s’agir d’une action politique, militante… Si le contexte est suffisamment clair, on peut essayer d’utiliser des mots simples tels que ramdam, tam-tam, pilonnage, tapage, propagande… ou bourrage de crânes !  

             

 

 

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