Le mot du 12 juillet 2015

compromis

          Les discussions interminables entre Grecs et dirigeants de la zone euro laisseraient entrevoir pour lundi 13 juillet un « projet de compromis », ce qui est tout de même mieux, semble-t-il, que l’ « esquisse du début de l’amorce  de l’ébauche d’un accord »…  Et sans doute mieux, pour les Grecs, qu’une éviction de la zone euro : c’est l’opinion manifestement majoritaire en Grèce. Mais chacun a, bien entendu, son avis.

            Du côté d’Athènes, il n’y a évidemment pas d’adhésion enthousiaste, unanime, à  un accommodement forcé. « Avec un pistolet sur la tempe, n’importe qui serait contraint de faire des concessions », aurait-on entendu dans les milieux gouvernementaux.

            Un mauvais accord est préférable à une guerre : cela a été dit en d’autres temps et en des circonstances bien différentes. Mais l’Histoire semble bien avoir souvent démenti ce principe trop optimiste, ingénu, naïf. Toutes proportions gardées, un compromis doit être le plus près possible d’un accord franc et sincère obtenu par des concessions mutuelles. S’il s’agit d’une solution conclue à contrecœur,  nourrie d’arrière-pensées et de suspicion, et obtenue excessivement aux dépens d’un ou de plusieurs peuples, cela risque de n’être qu’un cautère sur une jambe de bois.

            Les peuples concernés,  pour des raisons différentes, pourraient faire le rapprochement entre compromis et… compromissions (c’est-à-dire manigances, lâchetés, complaisances, reculades). Et le faire payer à leurs dirigeants respectifs.

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La question du jour :

          « « Quelle idée a eue là la firme japonaise ! » : j’ai bien raison de contester l’accord, et de vouloir écrire eu plutôt que « eue »   ? »

          Eh non !…  Ici, eue s’accorde, car le verbe avoir n’y est pas employé comme auxiliaire ; il y déploie au contraire son plein sens actif et indépendant (= posséder, concevoir, détenir, etc.).  Cf. : Les sommes qu’il a eues en main ; les grandes idées qu’il a eues jadis ; les ancêtres qu’il a eus ont bien servi sa famille.

 

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La citation du jour :

            « Il faut toujours s’excuser de bien faire : rien ne blesse plus ! » (Paul Valéry.)

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