Le mot du 15 juillet 2015

autosatisfaction

 

            Les politiciens de métier, quel que soit leur parti,  ont le chic pour s’attribuer le mérite des résultats, évidemment présentés comme favorables, satisfaisants, avantageux,  voire considérables, exceptionnels,  de tels ou tels accords internationaux.  Il peut, en effet, s’agir de traités réglant des situations délicates, critiques, potentiellement dangereuses même, et chacun, surtout face à sa propre opinion publique, a tendance à glorifier son propre rôle. Cela peut être justifié, ou très exagéré ;   affirmé de bonne foi sinon avec modestie,  ou asséné avec  un aplomb qui ne correspond pas à la sincérité.

                  L’Histoire et le temps viendront, plus ou moins rapidement, confirmer le bien-fondé de la confiance mise dans un pacte, dans un protocole, dans un compromis, sinon  justifier l’autosatisfaction des individus…  ou bien dévoiler le fiasco des espoirs mis (plus ou moins réellement) dans tel ou tel traité.

             Du  grec  autos,  il  y  a  dans  autosatisfaction  le préfixe auto-, au sens de « soi-même », « qui agit sur soi »…  Les mots composés avec ce préfixe s’écrivent en un seul mot, sans trait d’union, sauf si le second composant commence par un i, car, sinon, on obtiendrait « oi » : auto-induction, auto-infection (des auto-inductions, des auto-infections).

 

 

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La question du jour :

          « Étudiant le français à l’université de Giessen, en Allemagne, je participe actuellement à des cours consacrés à la traduction d’articles de presse français… Nous avons trouvé des graphies différentes, au sein de divers journaux, à propos de « premier ministre »… Y a-t-il, ou non, une orthographe consacrée ?… »

        La forme CONSACRÉE par l’usage est : Premier ministre, avec une majuscule à Premier. Les deux minuscules sont également usitées, quoique moins   logiques, hiérarchiquement, si l’on compare alors « premier ministre » à « ministre des Affaires étrangères », « ministre de la Culture », etc., qui sont, elles aussi, les graphies retenues normalement.

           Si l’on adopte, comme certains journaux tel le Monde, le « tout minuscule » pour « ministre de l’éducation nationale », « ministre de l’agriculture »…, alors la hiérarchie orthotypographique est rétablie par rapport à « premier ministre » !

           La graphie avec deux capitales  –  « Premier Ministre »  –   n’est pas d’usage en français de France. Donc fautive.

 

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La bourde du jour :

            Elle est due à l’émission… culturelle et ludique « Questions pour un champion » (France 3) du jour. Et, cela, dans la question posée aux internautes, dont certains pourront gagner des prix le 17 juillet, après tirage au sort parmi toutes les bonnes réponses aux questions posées ces derniers jours…  En l’occurrence, il fallait dire si l’ensemble des vêtements destinés à des nouveau-nés s’appelle « l’uniforme » ou « la layette »…

Mais, si je viens d’écrire, à juste raison, nouveau-nés, la question de « QPUN » est apparue à chaque fois, elle, avec la grosse faute « nouveauX-nés » !  Il faut donc rappeler aux rédacteurs des textes de ladite émission que dans nouveau-né le premier élément n’est plus un adjectif, mais un adverbe ayant la signification de « nouvellement ». Les nouveau-né(e)s sont des enfants « tout nouvellement nés » : la notion de « nouveau-né » va jusqu’à vingt-huit jours très précisément.

 

 

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La citation du jour :

 

« Quand j’entends parler d’équité, cela me fait penser à un aveugle dans une pièce sans lumière cherchant un chapeau noir qui ne s’y trouve pas. » (Lord Charles Bowen of Colwood [1835-1894], professeur de droit à Oxford et membre du Parlement britannique.)

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