Le mot du 31 juillet 2015

chassé-croisé

 

            Parmi les « marronniers » de l’actualité figure inévitablement le fameux et sempiternel chassé-croisé des 31 juillet et 1er août qui entraîne des centaines de kilomètres d’embouteillage(s)… Ceux dont les vacances sont terminées croisent en effet ceux qui entament leurs congés et qui, en quelque sorte, vont les chasser des campings, de la plage, etc.

            De formation tardive (milieu du XIXe siècle), chassé-croisé est un terme de danse, de chorégraphie : le chassé consiste à glisser une jambe sur le côté, et celle-ci sera rejointe par l’autre jambe, qui prend sa place. Chassé-croisé, issu de chassez-croisé (voire de chassez-croisez), désigne une figure au cours de laquelle les danseurs d’un quadrille passent alternativement l’un devant l’autre. Au figuré, vers 1850-1860, le mot composé va être utilisé avec une connotation généralement dépréciative : « ensemble de démarches confuses qui se croisent sans coordination », « suite de démarches imprécises qui se contredisent, se neutralisent, sans aboutir au moindre résultat »… Aussi : « échange réciproque et simultané de places, de postes, de fonctions »  –  avec souvent la nuance critique d’« échange sans signification ou sans grand intérêt » : « Ce changement de ministres n’est qu’un chassé-croisé ! ». 

            Notre   chassé-croisé  des vacanciers automobilistes  de   fin   juillet-début   août   correspond,   lui,  à   un « mouvement simultané de deux flux se déplaçant dans des directions inverses ». Le pluriel, logique, est : des chassés-croisés.

 

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La question du jour :

            « Il est bien licite de dire : « Blaise Cendrars, alias Frédéric Sauser » ?… »

            Non ! L’adverbe alias, qui signifie « autrement dit », doit toujours précéder le surnom, le pseudonyme, et suivre le patronyme, le vrai nom de famille. Ainsi, la forme correcte, licite, est de dire : « Jean-Baptiste Poquelin, alias Molière » (et non l’inverse : « Molière, alias Jean-Baptiste Poquelin »).

            Aujourd’hui, on ne met plus l’adverbe en caractère italique dans un texte en caractère romain, ni en romain dans un texte en italique. C’est un usage tombé en désuétude…

 

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La coquille du jour :

            « S’il était encore de ce monde, l’auteur des Misérables rierait de tous ces commentaires […]. » Mais y aurait-il vraiment de quoi « rier », sinon de quoi RIRE, quand on relève chaque jour davantage une méconnaissance affligeante de la conjugaison des verbes du troisième groupe ?…

 

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La citation du jour :

            « La plupart des gens répètent comme des perroquets ce qu’ils ont entendu dire à des demi-savants qui, n’ayant que des connaissances imparfaites, raisonnent le plus souvent de travers. » (Vauban.)

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