Le mot du 1er septembre 2015

ploutocratie

       L’indécence des rémunérations, des avantages divers et variés, des « retraites chapeau » colossales, etc.,  que des conseils d’administration accordent aux grands dirigeants d’entreprise, même quand le bilan de leur gestion se résume à  leur capacité à envoyer au chômage des milliers de personnes, n’a d’égale que l’impudence des heureux nantis.

            Impudence, cynisme, puisqu’à plusieurs reprises ces hyper-privilégiés  ont prétendu haut et fort renoncer à leur pactole… pour revenir en loucedé sur leur promesse apparemment peu sincère. Pourquoi se gêneraient-ils alors que l’oligarchie opulente dont ils sont membres est intouchable et… règne de plus en plus sur une république de moins en moins égalitaire ?

            Ploutocratie, « gouvernement ou domination des riches », vient du grec ploutos, « richesse », et kratos, « pouvoir ». Le mot est connu, et associé forcément à oligarchie : « gouvernement par quelques-uns ». Mais on peut également… enrichir son expression en utilisant le trop peu employé argyrocratie, synonyme de ploutocratie, et lié directement à l’argent (d’après le grec, argyr[o]) en tant que métal : l’argyrographe est un enlumineur qui écrit en lettres d’argent,  l’argyrose une intoxication par des sels d’argent, etc.

 

La bévue du jour

            Elle est à mettre au compte d’une de ces journalistes présentatrices de journaux télévisés de grande audience chez qui la satisfaction de s’afficher tous les jours dans les « étranges lucarnes » (= les téléviseurs, en langage « Canard enchaîné ») l’emporte sur tout autre sentiment, notamment sur la décence. Plus encore que certains de ses confrères et consœurs titulaires de journaux nationaux situés aux meilleurs horaires, elle enchaîne en effet quasiment hilare sur des faits d’actualité faisant état de conflits sanglants, d’accidents meurtriers, de situations sociales dramatiques… De nombreuses personnes partagent mon haut-le-cœur, elles me l’ont dit, devant ce comportement choquant.

            Entre autres erreurs, je relève donc une bévue d’une évidence telle qu’elle ne devrait pas être commise : il s’agissait des « deux à trois visites » faites quelque part dans l’année par des dirigeants politiques de premier plan… C’est la conjonction ou qui est obligatoire quand il y a idée de choix ou de doute entre deux nombres consécutifs se rapportant à des sujets INDIVISIBLES. On peut très bien dire, par exemple : ils viendront dans trois à  quatre mois, car les mois sont divisibles, et les « ils » peuvent venir dans trois mois et demi, ou dans trois mois et trois semaines ; on peut dire aussi : trois à quatre euros, car il existe des valeurs intermédiaires résultant de la divisibilité de l’euro : trois euros quarante, trois euros soixante-quinze…  MAIS il n’y a pas de « demi-visites », ni de « quarts de visite » : la seule formulation logique est deux ou trois visites.

La citation du jour

            « Le difficile, c’est ce qui peut être fait tout de suite. L’impossible, ce qui prend un peu plus de temps. » (George Santayana.)

 

 

 

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