Le mot du 1er novembre 2015

question du jour + articulet « dico » du jour + bourde du jour + proverbe du jour

Dimanche 1er novembre 2015

La question du jour

            « Faut-il écrire les rois mages, les Rois mages ou les Rois Mages ? »

            Mages est ici un substantif mis en apposition derrière un autre nom : rois. L’usage n’a pas ratifié la formation d’un mot composé à trait d’union « roi(s)-mage(s) » qui aurait fait de Gaspard, Balthazar et Melchior des personnages ayant la double fonction de roi et de mage. L’absence de trait d’union marque que ces trois personnages figurant dans l’Évangile (majuscule accentuée, en caractère romain dans un texte en romain, pas guillemeté) selon saint Matthieu (deux t) sont en tout premier des rois, qui, en second, sont versés dans les sciences occultes, dans la magie…

            « Les Rois mages » est une expression s’appliquant exclusivement aux trois rois qui, guidés par une étoile, sont venus à Bethléem rendre hommage à l’Enfant-Jésus (graphie la plus usitée : deux majuscules et un trait d’union). L’orthotypographie logique entraîne une majuscule sur Rois (substantif important au sein d’un surnom) et la minuscule pour mages, nom mis en apposition, quasiment devenu adjectif épithète venant après le substantif important.

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L’articulet « dico » du jour

zigzag  n. m.

            Ce substantif qui désigne une ligne brisée constituée d’angles alternativement saillants et rentrants s’écrit en un seul mot, sans trait d’union : les zigzags d’une carrière, les zigzags d’un lièvre pris en chasse

            Dans la locution en zigzag, le mot est figé au singulier : une route en zigzag, marcher en zigzag.

            L’adjectif verbal issu de zigzaguer est zigzagant(e), sans u derrière le second g.  Auparavant, on a dit zigzagué(e), forme empruntée au participe passé…  Le participe présent, lui, prend un u : Il partit en zigzaguant.

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La bourde du jour

            Il s’agit aujourd’hui d’une bourde à répétition, commise ces jours-ci par un certain nombre de personnes intervenant à la radio ou à la télévision, et qui mélangent des mots, peut-être sous l’influence d’un contrepet… À savoir employer « dénoter » à la place de détonner !

            Or les deux verbes ne sont pourtant nullement des synonymes. Une personne, des propos,  peuvent détonner, en s’écartant du ton convenu, du conformisme, de la doxa, de la veule pensée unique ; en rompant avec des attitudes de servilité et d’obséquiosité ; etc. Des tenues vestimentaires bizarres, excentriques, aux couleurs criardes, détonnent également au sein d’une mode traditionnelle, conventionnelle…  Ces écarts par rapport aux normes installées peuvent d’ailleurs justifier l’adoption de la graphie détoner, avec un seul n,  pour signifier qu’ils produisent, au figuré, un effet littéralement explosif ! (Au sens propre, détoner a pour acception « émettre brutalement un bruit violent qui rappelle celui du tonnerre ».)

            Dénoter a pour sens : « révéler », « montrer », « signaler », « témoigner », « marquer », « faire connaître », « dire », « trahir »…

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La citation du jour

            « Celui qui t’entretient des défauts d’autrui entretient les autres des tiens. » (Diderot.)

 

 

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