Le mot du 4 novembre 2015

Le mot du jour (qui sera en même temps la bourde du jour) :  

Dans l’ oeil du cyclone 

(avec un « oe » qui devrait être collé !)

            La bourde du jour se situe, aujourd’hui, dans un article qui… fustige la boulette de quelqu’un !! « Pan sur le bec », donc, comme on dit au Canard enchaîné.

            Même si l’on ne s’intéresse pas, ou plus, au football, personne n’a pu échapper, ce 4 novembre, aux volées de bois vert que les journalistes et commentateurs divers ont assénées au gardien de but du Paris-Saint-Germain : l’Allemand Kevin Trapp. (Décidément, la fameuse « qualité allemande » en prend un sérieux coup, ces derniers temps :  contrôle lacunaire, semble-t-il, de la santé des pilotes d’avion ;  gros problèmes au sujet de certaines voitures ; soupçons quant à l’achat d’une Coupe du monde de football ; mise au point sur le montant des  salaires d’un bon nombre d’Allemands, salaires beaucoup moins mirifiques que cela est généralement proclamé…)

            Talentueux… mais fantasque ?  Déjà critiqué pour une grosse bévue lors d’un match récent, le goal du PSG porte une lourde responsabilité dans la défaite de son équipe, 1-0, face au Real de Madrid hier.  (Oui, attaché à un français correct, ce qui ne veut pas dire à une langue pédante et ultrapuriste démodée, je me refuse à adopter le charabienglish « Real Madrid, Dynamo Moscou, Spartak Prague », etc.)  Laurent Blanc, l’entraîneur de l’équipe parisienne, a commenté : « On prend un but très, très évitable. Il me semble bizarre […]. »

            Même si Kevin Trapp a par ailleurs réussi de beaux et nombreux arrêts, comme d’habitude les reportages et les commentaires portent sur sa « bévue », sans s’attarder outre mesure sur l’inefficacité des attaquants parisiens, qui ont très bien joué, mais visé les… poteaux ou échoué face au très bon gardien de but madrilène.

            Ainsi, sur le site du Figaro, on a pu lire, en titre : « Trapp, la boulette de trop ? », et, au-dessous, en « chapô » (orthographe traditionnelle, en jargon de presse, pour parler du chapeau d’un article) : « Fautif sur le but du Real Madrid, le gardien se retrouve de nouveau dans l’œil du cyclone »… Patatras !  Autre bourde !  Contre la langue française, cette fois, de la part de la rédaction !  Un beau  contresens,  car,  cible  de  violentes  critiques,  Kevin Trapp, en vérité, se « retrouve dans la tourmente », se « retrouve au cœur de la tempête »

            Explication : un cyclone est une forte perturbation atmosphérique qui s’établit autour d’une basse pression, et qui se déplace en tournoyant sur elle-même. De ce fait, la zone située en son centre – ce que l’on appelle l’ « œil du cyclone » –  n’est pas concernée par les dangers, c’est une zone calme.

            Kevin Trapp n’aurait rien à craindre si, au sens figuré, il était dans l’œil du cyclone ! Mais on peut redouter pour lui qu’il ne soit au contraire, en ce lendemain de grosse bévue, pleinement exposé aux éclairs du tonnerre des dirigeants du PSG.

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