Le mot du 6 novembre 2015

Les bourdes du jour

Les âneries sont tellement nombreuses, dans les médias, radios, télés, internet, qu’il serait très possible d’écrire un bêtisier (= un LIVRE !) par jour. Hélas…

1° Julien Lepers, qui nous fait nous plier en quatre à chaque fois qu’il croit valorisant pour son émission « Questions pour un champion » de saluer « nos téléspectateurs de Saint-Pierre, de Miquelon et de Langlade », alors qu’il n’y a pas un habitant sur Langlade, grande terre reliée par un tombolo à Miquelon et qui est une sorte de grande chasse pour les Saint-Pierrais-et-Miquelonnais…  Je salue ces derniers, moi, pour y être allé, à la demande d’enseignants, afin de parler de langue française aux scolaires et étudiants, et de rencontrer tous les élus de l’archipel, toujours pour parler de langue française. C’était il y a quelques années, mais, sauf erreur, Langlade n’est toujours habitée que par des lapins et compagnie.

Julien Lepers a donc commenté ainsi, hier soir,  en détachant bien ses mots,  l’orthographe d’ « etc. », abréviation de la locution latine et caetera (ou : et cetera) :  « e POINT  t POINT  c POINT » !?!  Bien entendu, il n’en est rien, etc. n’est pas un sigle, et la seule graphie correcte est : etc., en caractère romain dans le romain, avec UN point abréviatif.  On ne cumule jamais etc. (qui figure en italique quand il est mentionné en tant que mot autonyme dans une explication) et les points de suspension, ce qui constituerait un pléonasme.  Il est considéré comme désinvolte, incorrect, d’employer etc. pour abréger une énumération de prénoms ou de patronymes. On emploie dans ce cas les points de suspension :  La retraitée a reçu chez elle M. Hollande, M. Valls, M. Bartolone… Etc. s’utilise pour les choses.

2°  Pratiquant, comme bien souvent, le suivisme, ou plutôt le psittacisme propre aux perroquets, les médias ont repris sans réfléchir l’impropriété « déployer le porte-avions Charles-de-Gaulle« …   Or on ne peut déployer que quelque chose qui est plié, roulé, replié, etc. :  déployer un drapeau, déployer  un parapluie, déployer une chaise pliante, le paon déploie sa queue…, ou déployer  des entités plurielles, un groupe de personnes ou un groupe de choses : la cavalerie (= les cavaliers) se déploie,  les fantassins se déploient…

N’ayant pas, à ma connaissance,  été muni de perfectionnements conçus par le génial Mister  « Q » de la série des James Bond, le Charles-de-Gaulle ne peut ni doubler de largeur, ni multiplier sa longueur,  ni tripler sa hauteur : il ne peut pas se déployer !

Tout simplement, le Charles-de-Gaulle a été envoyé  (… ou « aurait été envoyé » = un flou artistique entoure diverses déclarations censées être officielles)  vers le « théâtre est-méditerranéen »…

Bourde supplémentaire : la graphie stupide « le porte-avion »…   Bien évidemment, l’argent des contribuables n’est pas gaspillé dans la fabrication d’énormes bateaux destinés à ne transporter qu’un avion !  Cette orthographe illogique est donc non seulement idiote, mais antipédagogique, puisque insensée. Elle est du même tonneau que « des arcs-en-ciels » !

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