Archives mensuelles : novembre 2015

Le mot du 18 novembre 2015

La bourde (à répétition) du jour (… de tous les jours)

Mercredi 18 novembre 2015

 

          Comment espérer enseigner aux scolaires le bon français, le français correct, d’un bon niveau  moyen, quand la quasi-totalité des journalistes de la radio et de la télévision  (inutile  de parler  des  nombreux présentateurs-animateurs  incultes,  au  vocabulaire, à la culture  et  à   l’ « humour » (sic)  indigents  –  il y a heureusement des exceptions ! )  ne sont pas capables de respecter un accord aussi simple que celui du participe passé de faire suivi d’un verbe à l’infinitif ?…

                 Dernier exemple, seriné en boucle dans la matinée du mercredi 18 : « une femme terroriste s’est faite exploser »…  Si l’on est journaliste, donc en principe capable de raisonner, on voit bien qu’il est absurde de dire : « une femme est devenue exploser ».  En revanche, il faut faire l’accord dans le cas de : « Rosalie s’est faite la porte-parole des mal-logés » =  elle a fait elle-même (= s’) quoi ? la porte-parole…   Accord du participe sur le complément d’objet direct (s’) placé devant le verbe construit avec l’auxiliaire avoir.  

               Il est impossible, car absurde, d’accorder le participe passé fait suivi d’un verbe à l’infinitif :  Laetitia s’est fait faire une robe Ils se sont fait construire une maison.

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le mot du 16 novembre 2015

Le mot du jour

Lundi 16 novembre 2015

 

La question du jour

            « L’autre jour, dans le journal, j’ai lu le mot acratopège. Ne l’ayant pas trouvé, ni dans mon Larousse ni dans mon Petit Robert, j’ai écrit au journaliste pour lui demander ce qu’il voulait dire. Sympathiquement, il m’a répondu que ce mot signifiait « sans saveur particulière « , citant en exemple Évian, qui l’avait marqué sur ses bouteilles il y a quelques années (eau de source acratopège) et en me renvoyant aux dictionnaires pour l’origine et la signification.

            Mais l’histoire ne s’arrête pas là ! Selon un ami helléniste, le terme signifie simplement « qui provient de la terre » (il y aurait alors un pléonasme sur les bouteilles d’Evian). Alors, ma question est toujours la même : que veut-il dire, ce mot ? »

 

            Effectivement, ce mot d’emploi rare ne figure pas dans les « petits » Larousse et Robert, des ouvrages qui recensent pourtant des dizaines de milliers de mots… Ni même dans le très riche Trésor de la langue française informatisé du CNRS, qui comprend pourtant, en principe, tous les mots relevés dans les textes des XIXe et XXe siècles.

            Acratopège peut toutefois être trouvé dans divers textes. Il convient, après recoupements, de retenir les acceptions rigoureuses,  données par des… sources scientifiques. L’adjectif s’applique donc à une « eau de source pure, sans vertus particulières, pauvre en minéraux ».  Par conséquent, cette eau serait inodore, sans saveur, et son intérêt résiderait dans sa pureté.

            Peut-on, alors, qualifier d’ « acratopèges » des individus trop « purs » :  candides, crédules, naïfs, ingénus, sans caractère, « inodores et sans saveur » ?!  ☺

Dimanche 15 novembre 2015

MERCI… aux participants de la dictée de Honfleur, samedi 14 ! Merci d’avoir participé, et merci d’être venus en dépit du contexte général… J’avais en effet décidé, vendredi soir, de maintenir, sauf si la Ville de Honfleur jugeait qu’il devait en être autrement, la tenue de cette dictée. Il n’est pas question de reculer devant des barbares, il n’est pas question de céder face à des fous frustes et sanguinaires ennemis des libertés, ennemis de la Liberté. Les représentants de la Ville ont partagé mon sentiment, et la « dictée de Honfleur » a pu se dérouler normalement… après l’hommage d’une minute de silence observée à la mémoire de toutes les victimes.

Certes, la fréquentation a été inférieure à celle des années précédentes (de même qu’il y avait beaucoup moins d’animation dans les rues et dans les restaurants), mais dictée et jeux se sont déroulés avec l’habituelle alacrité.

On peut comprendre que certains ou certaines aient renoncé à se déplacer dans un lieu public, pour une animation ludo-culturelle, c’est humain… Mais c’est dommage : la volonté d’affirmer le droit de se distraire, de s’amuser, de s’instruire dans une atmosphère bon enfant, etc., s’inscrit dans la défense des libertés, et doit s’afficher dans tous nos actes.    

Infos pour… 2016

Pour ceux qui sont très prévoyants…

Premières dates de dictées fixées pour 2016 :

Tours, le samedi 12 mars

Piriac-sur-Mer, le samedi 16 avril
 

 

Le mot du 11 novembre 2015

La question du jour + l’articulet « dico » du jour

Mardi 11 novembre 2015

La question du jour

            « Est-il correct de dire : « Vous êtes éligible à un abonnement réduit (ou à telle ou telle prestation) » ? »

            Cet emploi d’éligible  est de plus en plus répandu au sein de propositions commerciales diverses… Mais, s’il faut se montrer ouvert à l’évolution du langage et ne pas se conduire en puriste rétrograde, je ne pense pas qu’il soit bon d’étendre – abusivement, je trouve –  l’acception d’éligible. Ce dernier mot doit être cantonné à la signification de : « qui présente toutes les conditions exigées pour être candidat à une élection », ou : « qui est en position de pouvoir être élu à une fonction (maire, conseiller départemental, député, sénateur, etc.) ».

            Dans les autres cas, on a le choix entre :  Votre ancienneté en tant que client(e) vous donne le droit de participer au concours ; Vous êtes en droit d’obtenir des points supplémentaires ; Vous avez droit à cette prestation supplémentaire… ; Votre carrière vous donne droit à… ; Vous remplissez les conditions requises pour être parmi nos clients privilégiés…

 

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L’articulet « dico » du jour

vendéen(ne)  adj., n.,  Vendéen(ne)  n. pr.

            Comme tous les gentilés, ou ethnonymes, ce mot peut être un nom propre (des Vendéennes) ou un adjectif (Il est vendéen par sa mère ; les collines vendéennes).

            Tous les Vendéens n’ont pas combattu les armées de la République, même si presque tous l’ont fait. Mais il y a eu aussi, parmi eux, des « contre-chouans » acquis aux idées révolutionnaires…  Alors, pour bien marquer la différence d’acception,  on écrit vendéen(s) avec une minuscule quand ce mot est synonyme de « chouan(s) », de « royaliste(s) », de « blanc(s) »…

 

Le mot du 9 novembre 2015

La question du jour

Lundi 9 novembre 2015

 

La question du jour

« Pourquoi écrit-on : la monarchie de Juillet, et non pas : la Monarchie de Juillet ?… »

            Tout d’abord, il faut suivre ce que disent ceux des dictionnaires de référence qui sont compétents en matière d’orthotypographie. Car certains ouvrages, remarquables par ailleurs, sont rédigés par des linguistes et lexicographes qui ne se sont jamais vraiment appesantis sur la logique et la nécessité des règles de l’orthotypographie. D’où dans ce domaine, dans leurs dictionnaires, des incohérences, des non-unifications, des erreurs…

            Ensuite, en français, on n’abuse pas des majuscules, même dans les surnoms, dans les antonomases, etc. On n’écrit donc pas « Casque d’Encre » au sujet de l’actrice américaine Louise Brooks, ni « la Cité des Papes » pour Avignon, ni, encore, « Le Chevalier sans Peur et sans Reproche » pour Bayard, mais : Casque d’encre, la cité des Papes, le Chevalier sans peur et sans reproche.

            Dans des expressions historiques concernant des événements importants et censés être connus de tout le monde, l’usage a imposé la disparition du millésime et fait porter l’accent (donc la majuscule) sur le nom du jour ou, plus souvent, sur le nom du mois. La fameuse nuit du 4-Août doit évoquer pour tout Français le 4 août 1789 et la disparition à tout jamais des privilèges (hum…). La révolution d’Octobre désigne pour tout un chacun la révolution russe de 1917. Pour tout Français encore, les journées de Juin est une expression désignant la révolution de juin 1848…

            La révolution de Juillet désigne la révolution de juillet 1830, qui amena l’instauration de la… monarchie de Juillet, avec comme souverain Louis-Philippe, chassé à son tour par la révolution de 1848.

            Dans tous ces cas, nuit, révolution, journées, monarchie restent des termes génériques sans majuscule, alors que les noms des mois deviennent des termes spécifiques à majuscule.

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Concours

Concours (réponses à envoyer avant le 20 novembre à minuit)

 

1° Pourquoi le tungstène a-t-il pour symbole un W ?

 

2° Dingbat à déchiffrer  :

 

A

DDDDDDDDDD

 

3° Donner deux mots homophones ayant pour définition :

a)  une calandre utilisée en papeterie

b)  une chienne

 

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Toujours une ambiance joyeuse pour la dictée Alphonse-Allais de l’Association des Amis d’Alphonse Allais, à Montmartre, samedi… Une fois de plus, chez les « champions et professionnels », Daniel Malot et Paul Levart sont montés sur les deux premières marches du podium, talonnés par Pierre Dérat. Chez les « amateurs », le tiercé gagnant est composé, dans l’ordre, de Philippe Morel, Coralie Noël et Cédric Jeancolas.

Bravo à tous les participants !

 

 

INFO du samedi 7 novembre 2015

Concours :  les prochaines questions ne seront publiées que demain, dimanche 8…

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Dictée « loufoco-logique » Alphonse-Allais 2015 (et jeux de langue française) : cet après-midi, à 14 heures, à la « Crémaillère 1900 », 15, place du Tertre, à Montmartre. Les non-inscrits peuvent encore s’inscrire sur place.

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Le mot du 6 novembre 2015

Les bourdes du jour

Les âneries sont tellement nombreuses, dans les médias, radios, télés, internet, qu’il serait très possible d’écrire un bêtisier (= un LIVRE !) par jour. Hélas…

1° Julien Lepers, qui nous fait nous plier en quatre à chaque fois qu’il croit valorisant pour son émission « Questions pour un champion » de saluer « nos téléspectateurs de Saint-Pierre, de Miquelon et de Langlade », alors qu’il n’y a pas un habitant sur Langlade, grande terre reliée par un tombolo à Miquelon et qui est une sorte de grande chasse pour les Saint-Pierrais-et-Miquelonnais…  Je salue ces derniers, moi, pour y être allé, à la demande d’enseignants, afin de parler de langue française aux scolaires et étudiants, et de rencontrer tous les élus de l’archipel, toujours pour parler de langue française. C’était il y a quelques années, mais, sauf erreur, Langlade n’est toujours habitée que par des lapins et compagnie.

Julien Lepers a donc commenté ainsi, hier soir,  en détachant bien ses mots,  l’orthographe d’ « etc. », abréviation de la locution latine et caetera (ou : et cetera) :  « e POINT  t POINT  c POINT » !?!  Bien entendu, il n’en est rien, etc. n’est pas un sigle, et la seule graphie correcte est : etc., en caractère romain dans le romain, avec UN point abréviatif.  On ne cumule jamais etc. (qui figure en italique quand il est mentionné en tant que mot autonyme dans une explication) et les points de suspension, ce qui constituerait un pléonasme.  Il est considéré comme désinvolte, incorrect, d’employer etc. pour abréger une énumération de prénoms ou de patronymes. On emploie dans ce cas les points de suspension :  La retraitée a reçu chez elle M. Hollande, M. Valls, M. Bartolone… Etc. s’utilise pour les choses.

2°  Pratiquant, comme bien souvent, le suivisme, ou plutôt le psittacisme propre aux perroquets, les médias ont repris sans réfléchir l’impropriété « déployer le porte-avions Charles-de-Gaulle« …   Or on ne peut déployer que quelque chose qui est plié, roulé, replié, etc. :  déployer un drapeau, déployer  un parapluie, déployer une chaise pliante, le paon déploie sa queue…, ou déployer  des entités plurielles, un groupe de personnes ou un groupe de choses : la cavalerie (= les cavaliers) se déploie,  les fantassins se déploient…

N’ayant pas, à ma connaissance,  été muni de perfectionnements conçus par le génial Mister  « Q » de la série des James Bond, le Charles-de-Gaulle ne peut ni doubler de largeur, ni multiplier sa longueur,  ni tripler sa hauteur : il ne peut pas se déployer !

Tout simplement, le Charles-de-Gaulle a été envoyé  (… ou « aurait été envoyé » = un flou artistique entoure diverses déclarations censées être officielles)  vers le « théâtre est-méditerranéen »…

Bourde supplémentaire : la graphie stupide « le porte-avion »…   Bien évidemment, l’argent des contribuables n’est pas gaspillé dans la fabrication d’énormes bateaux destinés à ne transporter qu’un avion !  Cette orthographe illogique est donc non seulement idiote, mais antipédagogique, puisque insensée. Elle est du même tonneau que « des arcs-en-ciels » !

Infos dictées novembre 2015

RAPPELS : samedi 7 novembre, dictée annuelle « loufoco-logique » Alphonse-Allais, pour l’Association des Amis d’Alphonse Allais (AAAA). A la « Crémaillère 1900 », 15, place du Tertre, à Montmartre, à 14 heures.  Inscription préalable souhaitée, pour une bonne organisation de cet après-midi convivial, mais les participants de dernière heure seront cordialement acceptés.  Renseignements et inscriptions : Philippe DAVIS, président de l’AAAA, 06 85 91 87 83.  

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Samedi 14 novembre, à Honfleur, aux Greniers à sel, à 14 heures, la dictée annuelle « A vos plumes ! Honfleur fait sa dictée avec Jean-Pierre Colignon ». Renseignements à l’Office du tourisme : 02 31 89 23 30.