Le mot du 22 janvier 2016

peccavi

          M. Nicolas Sarkozy vient de faire paraître un ouvrage. Les commentaires des médias tournent principalement – voire exclusivement – autour de certains regrets qu’il y exprime … et cela mériterait aussi des commentaires.

Naturellement, les avis sont partagés sur la sincérité de cet acte de contrition. Vrai repentir ou calcul politique destiné à relancer une tentative de retour à l’Élysée ?… Regrets claironnés sur quelques points, pour faire oublier d’éventuelles erreurs ou fautes plus graves ? Là encore, selon l’opinion de chacun, ou les arrière-pensées de certains, les jugements sont d’ores et déjà divers. Peut-être même sans avoir lu ce livre signé par l’ancien chef de l’État.

Le terme le plus utilisé par les médias est mea culpa (ou mea-culpa, avec un trait d’union). En latin, mea culpa signifie littéralement « par ma faute », et figure dans la prière catholique du Confiteor, prière par laquelle les fidèles confessent leurs fautes. On dit donc couramment « faire son mea(-)culpa », ce qui s’exprime aussi par « battre sa coulpe », expression qui tend à disparaître du langage, au point de n’être plus reconnue par d’aucuns, qui la remplacent erronément par « battre sa coupe » ! En prononçant le Confiteor, on se frappe la poitrine pour battre sa coulpe, c’est-à-dire son péché, sa faute…

Le vocabulaire employé par les commentateurs place en premier mea(-)culpa, puis se répartit entre regrets, remords, repentir, repentance, contrition… à propos d’erreurs, de fautes, de bourdes, de faux pas, de bêtises… Pour reprendre un « truc » cher au général de Gaulle – utiliser un mot peu employé, pour obtenir l’attention des médias béats et frapper, voire captiver, l’opinion publique en amusant le bon peuple, pour « faire le buzz » –, je suggère aux journalistes et aux politologues d’employer… peccavi. Signifiant « j’ai péché » en latin, ce substantif noté dès la fin du XIIIe siècle dans un texte français (« dire peccavi ») est un synonyme de contrition, aveu des péchés, mea(-)culpa : « un bon peccavi, et tout sera oublié ! ».

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