Le mot du 4 février 2016

Le sujet du jour

 

Le débat du jour…

 

            Une fois encore, la question de l’orthographe revient sur le tapis, et encore une fois en reprenant le mot inapproprié « réforme », en se trompant sur les termes employés en 1990-1991.

            Ce retour soudain, très brusque – via le ministère de l’Éducation nationale –, d’un sujet qui a toujours accaparé momentanément l’attention de l’opinion publique semble à beaucoup de personnes très curieux, bizarre, à un moment où le gouvernement traverse de nombreuses difficultés…

            Ayant fait partie de la commission dite « des dix experts » réunie par Bernard Cerquiglini, alors délégué général à la langue française, cela à la demande de Michel Rocard, pour étudier les « RECTIFICATIONS » qu’il serait possible d’apporter sur cinq points de l’orthographe, j’ai, comme mes collègues, étudié entre autres la question de l’accent circonflexe.

            Je n’ai pas approuvé, alors, toutes les suggestions adoptées par la majorité des membres de cette commission, même si je ne conteste pas du tout l’intérêt d’une simplification (… mais raisonnée, raisonnable, pédagogique, progressive) de l’orthographe. Notamment en procédant à des unifications de bon sens.

            Mais les rectifications proposées comportaient, outre le maintien d’exceptions exigées par tel ou tel, l’instauration de nouvelles règles comportant un lot important de particularités, sans doute peu aisées à assimiler. Le bénéfice apporté n’était donc pas du tout tangible…

            Unifier des séries comme fantôme, fantomatique ; arôme, aromates ; cône, conique, etc., pourquoi pas. Mais multiplier les termes homographes, source de confusions, voire de contresens, alors que la langue en comporte déjà un grand nombre, n’est peut-être pas très malin…

            Au-delà de la question de l’accent circonflexe, est-il très utile de remplacer nénuphar par nénufar ?… Il y aurait alors vraiment moins de fautes ? Il n’y aurait vraiment pas de « nénufart », « nénufard »… ? Ce serait vraiment un grand pas pour l’humanité ?… Idem pour oignon, qui perdrait sa deuxième lettre  : tant pis pour les habitants des régions de France où de père en fils et de mère en fille l’on prononce le « i » !

            Une réforme intelligente de l’orthographe ne peut bafouer le bon sens, la logique, le raisonnement. Je rappelle que personne en France, à l’heure actuelle, n’a le droit de légiférer en matière d’orthographe. Aucun texte légal, aucun passage de la Constitution ou d’un autre texte fondamental de la République, ne le permet.

            Je rappelle, enfin, à ceux qui disent ou écrivent n’importe quoi, par ignorance ou pour bourrer les crânes, que l’Académie française, après avoir, lors d’un premier vote de fin 1990 où l’effectif des Immortels était bien incomplet, ratifié les propositions de rectifications, a, en janvier 1991, alors que les Quarante, sauf erreur, étaient au complet, décidé de « laisser à l’usage le soin de trancher »… C’est pourquoi les suggestions de rectifications n’ont été publiées que dans la partie « documents administratifs » du Journal officiel, c’est-à-dire dans des pages n’ayant aucune valeur légale et présentant des textes uniquement à l’état de documents

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