Le mot du 11 février 2016

« armée mexicaine »

 

On pourrait imaginer, en écoutant la lecture de la composition du nouveau gouvernement français, que Pôle Emploi a pu trouver un travail à plusieurs chômeurs. Il n’en est rien : si ce gouvernement bouffi atteint maintenant le nombre record de 38 éminences, c’est en casant des députés, des sénateurs, etc.

Cet effectif pléthorique est en contradiction – outre avec le souci de réduire les dépenses du gouvernement au moment où des millions de Français sont dans la gêne et le chômage – avec la longueur désopilante des dénominations des maroquins déjà attribués… Des dénominations qui laisseraient entendre que chaque ministre déploie une activité débordante en maints domaines. Eh bien, non, c’est manifestement le contraire : débordés, les 18 ministres sont assistés par 20 secrétaires d’État…

Cette profusion d’élus, qui frôle la congestion, ne va sûrement pas mettre de bonne humeur le citoyen lambda, déjà plus qu’exaspéré par le comportement des hommes et femmes politiques. Sans tarder, l’expression « armée mexicaine » revenait dans les conversations en ce jeudi 11 février… Il s’agit là d’une expression qui remonte aux années 1910, à la révolution au Mexique menée par divers groupes aux objectifs variés. Peu organisés, peu disciplinés, ces éléments révolutionnaires étaient dirigés, si l’on peut dire, par une surabondance de chefs. De la notion de troupe désorganisée a subsisté presque exclusivement l’acception d’  « armée où les généraux sont très nombreux, trop nombreux, dont beaucoup sont inutiles ».

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Dans les conversations revenait aussi le « marronnier » de la prétendue réforme de l’orthographe, avec les interrogations quant aux auteurs de la relance du débat… L’Académie française a démenti être à l’origine, et a publié un communiqué très honnête et rigoureux dressant l’état de la question depuis 1990.  Ce communiqué reprend, avec quasiment les mêmes mots, tout ce que j’ai dit dans ma chronique et dans les interviews.  Je publierai demain les principaux extraits de ce communiqué, et les conclusions qu’il faut en tirer. Le ministère de l’Education nationale aurait nié avoir été à la source de cet énième épisode. L’hypothèse la plus souvent entendue ce jeudi, semble-t-il, est celle d’un « coup commercial » monté par des éditeurs de manuels scolaires, pour forcer le ministère de l’Education nationale, et donc les enseignants, à racheter ou à faire acheter aux parents d’élèves des milliers d’ouvrages.

 

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