Le mot du 23 mars 2016

fan(s)(-)zones

 

Alors que de remarquables élites, après avoir sans doute consacré beaucoup de séminaires à la question, prônent entre autres avec délectation – énorme pas pour l’Humanité et pour la Francophonie ! – le remplacement de nénuphar par nénufar, il ne semble pas que l’irruption de « fan(s)(-)zone(s) » dans les médias ait suscité la moindre réaction des linguistes supérieurs…

Pourtant, outre son appartenance au charabia globish, ce mot composé devrait attirer l’attention par ses multiples graphies… Il est vrai que cela ne saurait émouvoir ceux qui, justement, sont en train d’introduire dans la langue nombre de doubles orthographes, démarche qui va beaucoup faciliter la vie… En un quart d’heure, j’ai donc noté çà et là : des fan zones, des fans-zones, des fan zone et des fans zones.

Non, amateurs de BD, il ne s’agit pas d’un pluriel de fanzine !  Il s’agit très précisément de lieux où seront diffusés sur très grands écrans les matchs de la prochaine Coupe d’Europe de football (= l’Euro 2016).

Mais on ne peut pas demander l’impossible, par exemple, aux têtes pensantes du Conseil supérieur de l’éducation nationale, qui devrait, notamment, lutter pour la défense et la promotion de la langue française face aux jargons, au franglais abusif, etc. Ses membres sont déjà débordés par des rédactions des plus utiles et des plus urgentes, comme rendre plus compréhensible la notion de « faire une étude de texte » par : « mobiliser en réception et en production les connaissances permettant d’analyser les propriétés d’un élément linguistique et son degré d’acceptabilité ».

Les noms de Molière, Boileau, La Fontaine et La Bruyère disent-ils quelque chose à ces hauts fonctionnaires ?…

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