Le mot du 4 avril 2016 (2)

La bévue du jour

Manque de rigueur de la part d’un journaliste, dans un article consacré à l’ouvrage la Fleur au fusil, 14-18 en chansons de Bertrand Dicale (livre qui enchaîne sur les chroniques que ce dernier a présentées sur France Info et sur France Bleu)…   Critique élogieuse pour un livre certainement très intéressant, le « papier » comporte un à-peu-près qui peut se traduire par un contresens chez des lecteurs peu connaisseurs de l’histoire du music-hall.

Le rédacteur écrit en effet : « En 1914-1918, on chantait le très revanchard  Clairon, de Paul Déroulède, le tristounet Quand papa n’envoie plus de lettres […], ou encore la triomphaliste Madelon de la victoire, de Maurice Chevalier. »  Mais… serait-il correct, honnête, acceptable, de parler de « la Grande Illusion, de Pierre Fresnay » ou de la Bicyclette, de Lambert Wilson ? non. On ne peut confondre auteurs et interprètes. La Grande Illusion est un film de Jean Renoir ; la Bicyclette, un des grands succès d’Yves Montand, est une chanson de Francis Lai pour la musique et de Pierre Barouh pour les paroles.

Si l’écrivain patriote nationaliste Paul Déroulède est bien l’auteur des vers du fameux poème le Clairon (vers mis en musique par Émile André), celui qui fut le « Momo national », Maurice Chevalier, n’est en rien l’auteur ni le compositeur de la Madelon de la victoire, pas plus que de la première Madelon tout court (titrée officiellement : Quand Madelon…). Cette dernière, de Louis Bousquet pour les paroles et de Camille Robert pour la musique, fut créée par le célèbre comique troupier et chansonnier-comédien Bach.

Sa sœur cadette, de 1918 évidemment, est due à deux autres gloires du music-hall français, les prolifiques Lucien Boyer pour les paroles et Charles Borel-Clerc pour la musique. Maurice Chevalier l’interpréta dès novembre 1918 au Casino de Paris. Autres interprètes de l’époque : Suzanne Valroger, Montels, Audiffred, Javotte Kinlys, Delayrac, Marcelys…

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