Le mot du 5 avril 2016 (2)

« Liberté, équité, fraternité »

 

Quiconque réfléchit sérieusement à l’organisation de la société, sous quelque latitude  –  ou longitude  –  que ce soit, arrive au constat que justice et liberté ne sont pas compatibles à 100 %. Et qu’il en est de même pour égalité et liberté… C’est certainement bien dommage, mais les réalités sont là, entraînées en particulier par l’égoïsme des individus et les égoïsmes professionnels, catégoriels, communautaires, etc.

Des propositions récentes émanant des hommes et des femmes du « système » voudraient remplacer, pour l’élection présidentielle de 2017 (seulement ?…), l’ « égalité » par l’ « équité ». Si on en croit leur raisonnement…

L’équité  –  la justice  –  serait donc assurée par… l’inégalité, parce que, selon eux, l’égalité de traitement actuel serait inéquitable, injuste. Beau sujet pour les candidats au bac !

Accorder aux candidats des petits partis, non représentés à l’Assemblée ni au Sénat, voire à des candidats isolés issus du peuple, de la population, l’accès à des conditions de campagne identiques à celles des représentants des « grands partis » ayant obtenu les voix de millions d’électeurs  – des conditions identiques en ce qui concerne les médias, du moins  – est une iniquité aux yeux de ces « grands partis ».

Mais l’équité est-elle vraiment établie si l’on réduit fortement le temps de parole accordé aux candidats « libres » ou représentants de petites formations peu fortunées ? L’honnêteté d’une élection est-elle garantie quand les argumentaires (réduits en nombre et en temps) enregistrés par ces derniers seront diffusés à minuit ou à 2 heures du matin (… sur les mêmes chaînes ?) ?  Certes, ces petits candidats et mouvements n’ont peut-être pas obtenu… jusqu’à présent beaucoup de voix (voire pas du tout si ce sont de nouveaux partis), ce qui serait une raison pour leur refuser l’égalité de traitement. Mais réduire, au nom de l’équité, leur temps de parole et leur accès aux médias équivaut à les brider, à les empêcher de gagner des voix.

Certains croient bien discerner quels sont, sous le couvert de la recherche d’une meilleure « équité », tous les calculs qui ont donné naissance à cette proposition de modification des conditions de tenue des campagnes électorales.  À savoir : écarter, réduire des mouvements contestataires du genre « les indignés », et éliminer tous les petits candidats qui pourraient prendre des voix au représentant de chacun des « grands partis ».

Publicités

Les commentaires sont fermés.