Le mot du 12 avril 2016

transfèrement

L’emploi de certains termes peu utilisés semble parfois relever du barbarisme, du lapsus, de la faute de français donc, ou bien d’une préciosité d’ancien temps, voire d’un snobisme invétéré. Parfois, il n’en est rien. Le locuteur ou le scripteur a tout simplement (… ce n’est peut-être parfois pas le mot !) employé rigoureusement le terme relevant d’une certaine profession, d’un corps de métier, d’un milieu particulier…

Ainsi transfèrement, qui dans le jargon des gens de justice désigne bien le fait de transférer une personne d’un lieu de détention à un autre. Les dictionnaires contemporains usuels mentionnent cette acception. Le banal synonyme transfert peut donc être considéré comme un terme inapproprié.

En revanche, commission est très bizarrement ressenti quand certains procureurs ou substituts venant parler devant les médias l’emploient au sens de « fait, action, de commettre un délit, un crime ». Chacun ayant en tête  –  sauf ces personnes  –  les autres acceptions, beaucoup plus usuelles, de commission, il y a des phrases qui prennent dans les esprits de curieuses ou drolatiques significations !

De plus, lorsque l’on constate que même des dictionnaires aux articles très développés (comme le Trésor de la langue française du CNRS) ne mentionnent pas cette acception, on se retient pour ne pas conseiller à ces quelques procureurs de renoncer à employer commission sous une signification absente des dictionnaires contemporains de référence… Car parler ainsi  ne donne pas plus de poids, mais assurément moins de clarté, à des propos censés être la parole de la Justice, avec un J majuscule… Écoutez les conseils des grands anciens, Boileau, Molière, et La Bruyère : « Vous voulez dire qu’il pleut ?… Dites : « Il pleut ». »

           

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