Archives mensuelles : avril 2016

Le mot du 23 avril 2016 (1)

Les citations du jour  +  le proverbe du jour

Samedi 23 avril 2016

 

Les citations du jour

            « Les victoires ou les défaites des peuples se mesurent à la seule échelle des civilisations. »

                                                                                                                          Max-Pol Fouchet.

« Pour bien arriver, il faut d’abord arriver soi-même ;  puis que les autres n’arrivent pas… »

Jules Renard.

 

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Le proverbe du jour

            « Il faut des yeux perçants pour distinguer un traître sous le masque de la loyauté. »

           

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Le mot du 22 avril 2016 (1)

mazarinades, « vers brisés » et satires

 

Les satires visant, sous la Fronde, le cardinal Mazarin :

Un vent de fronde s’est levé ce matin ;

                        Je crois qu’il gronde contre le Mazarin.

ont reçu, et gardé dans l’Histoire, le nom de mazarinades.

 

La verve satiriste, de tout temps, a visé les gouvernements, notamment par de petits chefs-d’œuvre d’ambiguïté : la lecture « normale » de vers donnant une première version, alors que la lecture par hémistiches fournit une autre signification (parfois toute différente !). On appelle « poèmes en vers brisés » ces textes qui peuvent être lus de deux façons.

Prenons, par exemple, la pièce anonyme suivante, d’apparence bonapartiste, qu’une lecture par hémistiches (= lecture de tous les premiers hémistiches, puis de tous les seconds) transforme en manifeste royaliste. Pour faciliter la lecture au second degré, j’ai indiqué en italique les seconds hémistiches.

 

Vive à jamais l’Empereur des Français

La famille royale est indigne de vivre :

Oublions désormais la race des Capets

            La race impériale est celle qu’il faut suivre.

Soyons donc le soutien de ce Napoléon

Du comte de Chambord chassons l’âme hypocrite :

C’est à lui qu’appartient cette punition

La raison du plus fort a son juste mérite.

 

De temps à autre circule sur internet, depuis quelques décennies, et visant le gouvernement alors en place, ou bien le chef de l’État alors au « Château », et ce quelle que soit la couleur politique, une satire anonyme dite « palindromique ». Dite… abusivement « palindromique », puisque le terme rigoureux est « anacyclique » : lu à l’envers, le texte ne donne pas la même signification, mais un propos différent (cf. Noël et Léon).

On voit donc en ce moment une énième version de ce texte qui peut être interchangeable ; il suffit de mettre à la fin le nom d’une personne ou le nom d’un parti, etc. J’ai donc mis trois astérisques : chacun pourra les remplacer à sa convenance !

 

Dans notre parti politique nous accomplissons ce que nous promettons.

Seuls les imbéciles peuvent croire que

nous ne lutterons pas contre la corruption.

Parce que, il y a quelque chose de certain chez nous :

L’honnêteté et la transparence sont fondamentales pour atteindre nos idéaux.

Nous démontrerons que c’est une grande stupidité de croire que

les mafias continueront à faire partie du gouvernement comme par le passé.

Nous assurons, sans l’ombre d’un doute, que

La justice sociale sera le but principal de notre mandat.

Malgré cela, il y a encore des gens stupides qui s’imaginent que

L’on puisse continuer à gouverner

Avec les ruses de la vieille politique.

Quand nous assumerons le pouvoir, nous ferons tout pour que

soit mis fin aux situations privilégiées et au trafic d’influences

Nous ne permettrons d’aucune façon que

Nos enfants meurent de faim.

Nous accomplirons nos desseins même si

les réserves économiques se vident complètement

Nous exercerons le pouvoir jusqu’à ce que

Vous aurez compris qu’à partir de maintenant

Nous sommes avec  ***.

 

Lu de bas en haut, le discours n’est plus du tout le même !

 

Le mot du 21 avril 2016 (2)

pétaudière

 

Un certain nombre de commentateurs, ces derniers jours, traitent de pétaudière le gouvernement français. C’est également le premier mot qui me soit venu à l’esprit en voyant la personne censée exercer la fonction de Premier ministre être obligée de corriger, de démentir dans les vingt-quatre heures ce que certains ministres lancent dans les médias… voire de démentir les démentis.

Alors qu’à la télévision le chef de l’État venait de déclarer que M. Macron savait ce qu’il lui devait, et que cela relevait de la « loyauté personnelle et politique », l’ex-banquier ministre de l’Économie a rétorqué, dans des journaux de l’Est : « Je ne suis pas son obligé ». Avant de dénoncer l’exploitation d’une phrase que l’on aurait sortie de son contexte, et de protester de sa loyauté… De tous côtés, les déclarations s’embrouillent, et embrouillent.

Les médias ont dépeint en long et en large le vaudeville joué ce jour par MM. Hollande et Macron lors de la visite de l’entreprise danoise Novo Nordisk, leader mondial de la fabrication d’injecteurs d’insuline, à Chartres. Alors que Mme Marisol Touraine, ministre des Affaires sociales, restait, normalement, au côté du président de la République, M. Macron faisait nettement bande à part quelques rangs derrière…  Ce qui a passablement énervé M. Hollande, rapportent les commentateurs, quoique le chef de l’État soit passé maître dans l’art de se maîtriser et de dissimuler ses sentiments sous des « petites blagues ».

Il est impossible de discerner, dans les légendes entourant l’éventuelle réalité d’un « roi Petault », ou « roi Pétaud », ou « roi Pétauld », etc.,  quelle version   serait vraiment à l’origine de cette « cour du roi Petaud » où « chacun est maître ». D’où la signification de pétaudière : « lieu, assemblée où règnent le désordre, la confusion, la désorganisation… ».

Reprenant le propos sarcastique de Staline sur le Vatican, mais en modifiant l’acception du mot divisions,  certains s’exclameront :  Le gouvernement français, ô combien de « divisions »  !!  Ou :  Mais combien de capitaines y a-t-il à bord ?! …

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Le mot du 21 avril 2016 (1)

La bourde du jour

Jeudi 21 avril 2016

La bourde du jour

            Parmi les bévues dues à la paronymie revient la fâcheuse confusion entre subornation et subordination… Une correctrice nous signale ainsi qu’elle a entendu sur France Inter hier un intervenant parler d’une personne qui allait être mise en examen pour « subordination de témoin »…

Or c’est le dérivé de suborner (« détourner du droit chemin, corrompre », « déterminer une personne à déposer en justice d’une façon contraire à la vérité ») qui devait être employé : La subornation de témoins est punie des mêmes peines que le faux témoignage.

            La subordination réside dans le fait d’être soumis à une autorité, à une hiérarchie, à des intérêts supérieurs… : La subordination des intérêts particuliers à l’intérêt général.

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La quesrion du 20 avril 2016 (1)

            « Faut-il écrire « une poire  william », « une poire William » ou « une poire Williams » ?

Issu d’un nom propre (patronyme du premier distributeur), le  nom commun féminin williams désigne une variété de poire. Il faut l’écrire sans majuscule,  et toujours avec un s final (on ne modifie pas la graphie du nom propre) :  découper une poire williams, déguster une williams…

Par extension, le mot est employé pour désigner un verre d’eau-de-vie de poire de cette variété : Patrick but un calvados, Estelle une williams.

 

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PAN SUR LE BEC !

 

Grave erreur de prénom, pour laquelle je présente mes excuses : M. Cambadélis se prénomme JEAN-CHRISTOPHE, et non « Jean-Baptiste », comme je l’ai écrit par lapsus. Dorénavant, je mémoriserai systématiquement « Cambadélis   =   J(ésus)-C(hrist) » = « J.-C. » !

Le mot du 19 avril 2016 (1)

candidater

            M. Jean-Baptiste Cambadélis, premier secrétaire du Parti socialiste, a notamment déclaré lundi : « […] Les autres candidats socialistes, qui ont beaucoup de talent et qui pourront un jour ou l’autre candidater, ne peuvent pas le faire. Le seul qui peut réunir un tant soit peu la gauche, c’est François Hollande. »

Je ne m’attarderai pas sur la formule peu optimiste « réunir un tant soit peu »,  inattendue dans la bouche d’un haut responsable de parti puisqu’elle signifie « si peu que ce soit », et qui mériterait qu’on s’y attache un peu :   maladresse d’expression ou constatation réaliste ?…  Étant donné le propos général, il ne peut s’agir d’une pique furtive à l’égard du chef de l’État alors que tous les autres sont jugés incapables, pour l’instant, selon M. Cambadélis, de séduire l’électorat de gauche.

Condamné par beaucoup, jusqu’à récemment encore, pour sa « mocheté », considéré comme un barbarisme nouveau (quand bien même serait-il apparu vers 1900), le verbe candidater se répand…  Alain Rey l’admet, sans remarque du type « emploi critiqué », dans son Petit Robert, en tant que verbe transitif indirect, avec l’acception de « se porter candidat » : candidater à une élection. Même démarche dans le PLI 2016 : « postuler à un emploi, une fonction, etc. » : candidater au ou pour le poste d’informaticien.

La formule « candidater à une élection » est porteuse d’ambiguïté, selon moi.  Il me semble que, de chic, on comprend « se porter candidat à la désignation [par un mouvement, par un parti] en tant que… candidat » plutôt, ou, au moins, tout autant que : « être candidat à une élection ».  Si le contexte n’est pas suffisamment explicite, il ne faudra pas hésiter à s’exprimer autrement.

Le mot du 18 avril 2016 (1)

gnagnagna

 

Des propos échangés (si l’on peut dire) entre le philosophe Alain Finkielkraut et une poignée des participants à la Nuit debout de la place de la République, samedi 16, à Paris, on retiendra sans doute surtout… quelque temps l’interjection-onomatopée gnagnagna employée par le tout récent académicien.

L’essayiste a été conspué et chassé du lieu par quelques individus extrémistes qui, selon les témoignages, se tenaient aux marges de la manifestation, après que l’écrivain eut écouté sans problème, semble-t-il, les débats de l’ « assemblée populaire » (certains médias écrivent « Assemblée populaire », avec une majuscule, peut-être sans réfléchir,  en donnant ainsi à cette réunion vespérale le statut d’une sorte d’ « Assemblée nationale constituante »…).

Allez savoir pourquoi c’est l’onomatopée gnagnagna (en un seul mot) qui s’est imposée dans l’usage, et a par conséquent été retenue par les lexicographes, et non pas « gnognogno » ou « gnugnugnu » !!?  Puisqu’il s’agit de se moquer de propos sans intérêt, de blablabla insipide et inintelligent, il faut peut-être y voir un rapport avec les « il n’y a qu’à » des démagogues, des individus qui critiquent sans formuler la moindre proposition. On aurait alors retenu les « [il] n’y a [qu’à], [il] n’y a [qu’à], [il] n’y a [qu’à] »…

La question du 17 avril 2016

« Comment doit-on construire les phrases avec le verbe privilégier ?…  Sur des chaînes télévisées d’information  en continu, j’entends souvent des « privilégier [quelque chose] à [autre chose] », ce qui me semble bizarre… »

 

Eh bien, cela vous semble bizarre parce que c’est… incorrect !  Nous sommes dans les solécismes, c’est-à-dire dans les fautes de grammaire, les fautes de syntaxe… Privilégier  est un verbe transitif direct,  on ne peut pas employer à  : Nous privilégions la lecture ; elle privilégie  les légumes frais ; privilégier la pratique sur la théorie ; ils privilégient leur carrière au détriment de la vie familiale…

Point sur les concours

Les concours mensuels ont durement pâti d’une charge de travail considérable constituée des réponses aux questions des internautes, à la rédaction concomitante de plusieurs ouvrages et d’articles, à la conception et organisation de plusieurs manifestations,dictées, concours, etc. Ils vont reprendre à partir du mois de mai, à dates fixes.

Le mot du 17 avril 2016 (1)

chahut

           M. Pierre  Gattaz, président du Medef, donc patron des patrons, était l’ «  invité politique », samedi 16, sur le plateau de l’émission de Laurent Ruquier « On n’est pas couché ». Il a été accueilli par les lazzis de quelques manifestants affublés de masques à son effigie ou à celles d’Emmanuel Macron, Nicolas Sarkozy, Patrick Balkany…

En de telles circonstances, les animateurs (souvent producteurs) d’émissions affichent leur surprise devant des perturbateurs « qui se sont infiltrés » au sein du public. Laurent Ruquier ne s’est pas fait faute d’adopter cette « posture », comme disent les médias, en gardant une souriante sérénité…  L’air mi-figue mi-raisin de M. Gattaz laissait plutôt entendre qu’il avait de gros doutes quant à l’étonnement de l’animateur.  Tout charivari (mais maîtrisé) étant évidemment pain bénit pour n’importe quel animateur dans la course au « buzz » et à l’audience.

Ce petit chahut est attribué à de jeunes militants se revendiquant de « Nuit debout ».  L’origine de chahuter, donc de chahut, est incertaine. Selon le Petit Robert, il faudrait peut-être voir du côté de cahuer, « huer », et cahuler, « crier de douleur ».

Il est amusant de noter l’ « épelure » (terme créé par M. Pierre Ziegelmeyer) obtenue à partir du prénom ancien Mahaut : « aima à chahuter », avec la variante sur Machaut : « aime assez à chahuter » !