Le mot du 15 mai 2016 (2)

L’articulet « dico » du jour

 

sniper  n. m.

Mot anglais (de to snipe, « tirer d’une position cachée »).

L’emploi à tort et à travers de ce mot aboutit à de faux sens, à des impropriétés, à des erreurs… Cela, parce qu’on ne fait pas attention au fait que le terme a DEUX acceptions (non synonymes, donc !) :  a)  tireur d’élite ; b) franc-tireur, tireur embusqué.

Le tireur d’élite est, au sein d’une armée régulière, organisée en tout cas, un combattant sélectionné pour son art du tir de précision, et dont le rôle est d’infliger des pertes à l’ennemi, de créer un sentiment d’insécurité dans le camp adverse.

La seconde signification  désigne, dans des combats de rue, dans des guerres civiles, tout combattant embusqué tirant sur des chars, sur des colonnes ennemies, sur une foule, etc. Cela n’en fait pas pour autant, par la grâce du Saint-Esprit, un tireur d’élite…  Surtout s’il a pour arme une vieille pétoire datant de Mathusalem.

 

Lors de la Grande Guerre, dès 1914, les Allemands affectèrent un tireur d’élite par compagnie de l’armée de terre. En 1916,  le nombre fut porté à trois par compagnie. Ces hommes étaient sélectionnés au sein des chasseurs  (réputés tous bons tireurs et sachant se camoufler pour traquer le gibier) et des sportifs pratiquant le tir de compétition.

Il y aura aussi des sections de snipers allemands associant, eux, les deux acceptions ! À savoir des sections de vingt-quatre  tireurs d’élite libres de s’embusquer où bon leur semblait (dans le cadre du secteur tenu par leur bataillon), chacun de son côté  pour ne pas être repéré trop facilement. Leur rôle étant notamment  d’abattre les éclaireurs et observateurs ennemis, les périscopes  espions français dépassant des tranchées, etc.

 

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