Le mot du 23 mai 2016 (2)

pénurie

 

Issu du latin penuria, « manque de vivres,  disette », pénurie désigne  le manque… total ou presque total de quelque chose de nécessaire.  La situation actuelle, s’agissant de l’approvisionnement en essence, justifie cette définition.  L’acception, même, pourrait aller jusqu’à comprendre « manque partiel »…

En effet, il n’y aurait, sur environ 12 000,  que 1 500 à 1 600 stations-service(s) touchées, d’une part, et, d’autre part, le gouvernement ne cesse de nous rebattre les oreilles avec les « réserves stratégiques d’au moins quatre-vingt-dix jours ».  « Même dans les agglomérations les plus impactées, il y a encore 60 % des stations qui fonctionnent », a déclaré le secrétaire d’État aux transports.  Compte tenu des nombreuses informations reçues ce jour d’amis et relations de Bretagne et de Normandie, je crois que M. Vidalies devrait non pas « updater » (voir notre premier « mot du jour » de ce lundi), mais actualiser son dossier…

La pénurie semble quasi totale pour de grands pans de l’Ouest, voire d’autres secteurs, et de plus en plus presque totale en d’autres régions, car  manifestement le mouvement fait… tache d’huile : raffineries bloquées, terminal pétrolier du Havre itou, etc.  Dans les régions frontalières, le recours aux stations-service(s) des pays voisins permet de faire le plein…

On n’emploie plus pénurie au sens de « pauvreté, gêne, dénuement, misère »…  Aujourd’hui, personne n’écrirait, comme Aragon, en 1936, dans les Beaux Quartiers : « Il ne pouvait comprendre cette secrète angoisse d’Edmond, que la pénurie confinait à ses seules études […] ».

 

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