Le mot du 30 juin 2016 (4)

La référence littéraire, historique, artistique, politique, etc., du jour

 

Cette nouvelle petite rubrique sera consacrée aux multiples expressions qui enrichissent la langue française, et dont on méconnaît parfois l’origine…

« Souffler le chaud et le froid. »

Même s’il s’est inspiré, ici comme souvent, des fables d’Ésope (en l’occurrence, la fable 60), c’est à La Fontaine qu’on attribue la paternité de cette expression décrivant le comportement de quelqu’un qui change d’attitude, d’opinion, qui prône des avis contraires… Cela pour duper, pour désorienter, pour rouler dans la farine des interlocuteurs, ou bien pour s’adapter rapidement, par calcul et intérêt, à l’option majoritaire.

C’est dans le Satyre et le Passant (livre V) que notre fabuliste a glissé la conclusion à l’origine de la locution. Entré, pour se protéger de la pluie, dans l’antre d’un Satyre au moment du brouet familial, un Passant va irriter le maître des lieux, qui l’avait invité à partager le repas. Cela, parce que l’invité va d’abord souffler sur ses doigts, puis sur la soupe, au grand ébahissement de son hôte, qui lui en demande la raison. Le Passant explique alors qu’il a d’abord soufflé sur ses doigts pour les réchauffer… puis sur la soupe, pour la refroidir.

« Vous pouvez, dit le Sauvage, reprendre votre chemin. […]  Arrière ceux dont la bouche souffle le chaud et le froid ! »

 

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