Le mot du 27 juillet 2016 (1)

La bourde du jour

 

Maîtriser les fondamentaux de la langue française, cela consiste, entre autres,  à connaître le vocabulaire essentiel : mots et significations.  Cet objectif minimum n’est pas atteint, manifestement, quand on voit la confusion généralisée entre bourg, village et ville chez les journalistes de télévision et de radio.

Non, une agglomération de quelque 30 000 habitants n’est pas une « bourgade » (comme le disait encore un journaliste de France Inter, à 7 h 45, ce mercredi matin 27 juillet) ; non, Saint-Étienne-du-Rouvray n’est pas un « petit village », ni un « bourg », comme l’ont répété en boucle les chaînes d’information en continu… y compris des « envoyés spéciaux » arrivés sur place, mais une petite ville.

À défaut de très bien connaître son propre pays, à défaut de ne pas connaître le sujet    –  nul ne peut être omniscient  –,  un vrai journaliste professionnel procède, avant de parler, à des vérifications élémentaires. Avec toujours, quand on est un vrai professionnel, l’objectif d’accroître sans cesse sa culture générale afin de transmettre avec fiabilité toute information. Ce qui n’est pas le cas lorsque, de plus, l’emploi de la langue française n’est pas assuré…  Cela porte le plus souvent sur des questions plus graves que le mélange entre lieudit, quartier, hameau, bourg, etc.,  qui peut sembler, à tort, être anecdotique.

Ces insuffisances, ces approximations, ces négligences, ces lacunes, contribuent à jeter le discrédit, hélas, sur la profession de journaliste   –   déjà suspecte aux yeux de bien des gens : voir tous les sondages effectués, depuis des années, sur le sujet  –  alors que ce métier, exercé avec rectitude et compétence, est indispensable en tant que partie prenante de la diffusion de l’information et du savoir. C’est-à-dire indispensable, dans ces conditions, à toute démocratie.

 

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