Le mot du 4 août 2016 (2)

L’expression du jour

            Des milliers d’expressions sont entrées dans la langue française, et, un jour ou l’autre, chacun de nous en utilise une, à bon escient en principe… mais sans toujours savoir quelle en est l’origine. Ainsi : « Minute, papillon ! », que l’on écrit avec une virgule, et que l’on emploie, avec amabilité, voire alacrité, enjouement,  au sens de : « Une minute ! », « Patientez un peu, ça vient ! », « Il n’y a pas le feu ! ».

Mais une seconde acception existe : celle de « Attendez un peu ! Réfléchissez  – ou : réfléchissons  – un peu plus [avant de tirer des conclusions, avant de faire quelque chose] ! ».

S’il y a eu des débats quant à la paternité de cette expression, tout le monde, aujourd’hui,  semble s’entendre pour l’accorder à des journalistes, et en particulier aux confrères du Canard enchaîné… Nous sommes alors dans les années du Front populaire, dans l’avant-guerre : 1936 -1939, et cela se passe au café du Cadran, situé à l’angle de la rue Daunou et de la rue Louis-le-Grand, c’est-à-dire près du siège du Canard, à l’époque.

Les « plumes de canard » de l’hebdomadaire satirique ont toujours eu le gosier sec, semble-t-il,  d’où leurs passages au café pour reprendre des forces !  L’un des garçons du café du Cadran s’appelait, de son vrai patronyme, Papillon (comme le fameux lycée mis en chanson par le comique Georgius… en 1936). Par tic, ou parce qu’il était réellement toujours en train de courir pour prendre les commandes et servir les clients qui appelaient : « Papillon ! Papillon ! », ce dénommé Papillon  s’exclamait constamment : « Minute, j’arrive ! ».     Cela excita la verve des journalistes du « Palmipède », qui se mirent à lancer « Minute Papillon ! » (en faisant, ou non, sentir une virgule ?!) en écho à l’exclamation répétitive du serveur…

L’acteur Félix Oudart a interprété, en 1946, le personnage de Papillon dans le film Café du Cadran, de Jean Géhret, dont les vedettes étaient Blanchette Brunoy et Bernard Blier.  Un film gentillet qui dépeignait la vie très animée et la clientèle de l’établissement parisien, et les horaires très astreignants des patrons du café… d’où des problèmes.

 

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