Le mot du 24 octobre 2016 (1)

L’expression du jour

 

            « Se retirer sur l’Aventin. »

 

            Après le résultat des curieuses primaires où, d’un côté, des militants de gauche ou d’extrême gauche pourront voter pour désigner le candidat de droite qui leur « plaît » le plus (normalement, ils devraient voter pour le moins dangereux, afin de faciliter la tâche de leur représentant), et où, de l’autre côté, les électeurs de droite et du centre pourront déposer un bulletin pour le candidat de gauche ayant leur préférence (tactiquement, là encore, la démarche intelligente serait de favoriser le plus mauvais, qui ne ferait pas le poids au second tour), certains des postulants se retireront-ils sur l’Aventin ?…

L’expression est d’origine historique, et nous renvoie à la Rome du Ve siècle av. J.-C. Alors que le régime républicain est instauré après la chute de la monarchie, les patriciens, les familles riches, s’empressent de vouloir monopoliser tous les pouvoirs, toutes les magistratures, au détriment de la plèbe, aux dépens de tous ceux qui n’appartiennent pas à cette caste de privilégiés. La plèbe est seulement bonne pour fournir des contingents militaires lors des guerres…

Les plébéiens regimbent, et, en 494 av. J.-C.,  se soulèvent et se retirent sur une des collines de Rome, l’Aventin, où ils tiennent des « meetings », rejetant toute discussion et refusant tout concours pour les énièmes conflits à venir tant qu’ils n’auront pas obtenu la reconnaissance de leurs droits.

« Se retirer sur l’Aventin » est, pour cette raison, une expression entrée dans le langage au sens de « se retirer des affaires, se retirer du devant de la scène, notamment en politique ». Cela a été l’attitude de Lionel Jospin après sa défaite dès le premier tour de l’élection présidentielle de 2002.

 

*****

Publicités

Les commentaires sont fermés.