Le mot du 27 octobre 2016 (2)

Le mot de l’actualité :  grogne

 

Un certain nombre de commentateurs, de journalistes,  se mettent à employer le mot grogne au sujet des manifestations des policiers…  Ce qui est une erreur (?) de langage aussi grossière  –  et  grave  –  que celle consistant à dénommer suavement « sauvageons » des individus, peu importe leur âge, tentant très volontairement d’assassiner des gens.

Ainsi donc, les policiers seraient seulement « grognons » alors que des collègues ont failli périr brûlés vifs dans leur voiture, et s’en sortent de justesse, mais avec des séquelles telles qu’on peut comparer leur sort à celui des « gueules cassées »  de 14-18. Il y aurait donc seulement de la rogne dans les rangs de ceux qui reçoivent tous les jours des parpaings sur la tête et des cocktails Molotov ?…  Et, même, puisqu’ils seraient donc grognons, ronchons,  grognassiers, ronchonneurs, rogneux, rouspéteurs, bougons, on ne serait pas loin de les accuser d’exagérer dans leur contestation, de gonfler leurs problèmes, de dramatiser leurs soucis.

Alors qu’en vérité les policiers (et les membres d’autres professions comme les pompiers, les urgentistes…) sont dans la colère et l’exaspération, l’emploi de « grogne » est une énorme faute de français. Au point que certains commencent à y voir non pas une bourde très critiquable, mais la volonté de nier la gravité de la situation.

 

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