Le mot du 10 novembre 2016 (2)

Le mot de l’actualité : « cuistot »

En cette veille du 11-Novembre (= anniversaire de l’armistice du 11 novembre 1918)   –   on peut aussi écrire « semaine du 11 novembre », en ne considérant que la date du calendrier  –,  il n’est pas incongru, je pense, d’évoquer le vocabulaire apparu, ou popularisé, lors de la Grande Guerre…

Ce sont les poilus de la Première Guerre mondiale qui ont créé et répandu le terme de cuistot au sens de « cuisinier attitré d’une unité militaire ». Cela, à partir de cuistance, un mot qui, lui, était apparu récemment dans la langue familière, aux environs des années 1910, avec la signification argotique, populaire, de « nourriture », « cuisine préparée », « tambouille », « bouffe », « bectance », etc.

Le succès, l’emploi récurrent, du néologisme cuistance  –  qui a désigné aussi la pièce où l’on faisait la popote, où l’on préparait les repas, et aussi l’ensemble des cuisiniers, voire ceux qui étaient de corvée pour porter la nourriture dans les tranchées  –  va donc entraîner la création de cuistot, couramment repris par les écrivains combattants : « À midi, le cuistot nous préparait des tambouilles odorantes et copieuses »   (Paul Vialar, les Morts vivants).

Les graphies cuisteau, cuisto, cuistau ne se sont pas maintenues dans l’usage, ni le synonyme cuistancier. Au contraire de cuistot, qui, lui, d’un mot de bidasses, s’est imposé en… général  sous l’acception de « cuisinier d’une collectivité » : cuisinier de restaurant d’entreprise, de cantine scolaire, de paquebot, de colonie de vacances, de maison de retraite… Ou tout simplement pour désigner le maître de maison qui s’est mis aux fourneaux. Le féminin cuistote s’emploie de temps à autre, mais certaines y voient un vocable dépréciatif…

 

Publicités

Les commentaires sont fermés.