Le mot du 18 janvier 2017 (2)

Le mot du jour : gifle

 

            Le battage médiatique de la journée s’est centré hier et encore aujourd’hui sur la gifle qui aurait atteint M. Manuel Valls alors qu’il sortait de la mairie de Lamballe (Côtes-d’Armor). Je dis « aurait », parce que, en vérité, l’ex-Premier ministre n’a été qu’effleuré par le geste d’un jeune homme : la vision du reportage filmé le montre nettement. Mais l’intention était peut-être, ou sans doute, de gifler vraiment l’homme politique, pour une motivation qui est à établir. M. Valls a annoncé qu’il porterait plainte…

Les médias ont donc mentionné la « petite ville » de Lamballe. Une commune que, pour des raisons familiales, je connais depuis l’enfance. J’en profite donc pour rappeler que le grand peintre, illustrateur et céramiste Mathurin Méheut y est né, et qu’il faut voir dans l’ancienne maison du Bourreau le musée qui lui est consacré. Lamballe abrite aussi un haras national, qui a été classé monument historique en 2015.

Gifle n’a fait son apparition dans le Dictionnaire de l’Académie que dans l’édition de 1878. Au sens de « soufflet », de « coup asséné sur la joue avec le plat ou le dos de la main », le mot n’a été noté, apparemment, qu’à partir du tout début du XIXe siècle. Son origine est liée à l’ancien francique kifel, « mâchoire », auquel se sont associés le nom propre Gifflart (= « homme aux grosses joues »), au vieux français giffe (puis giffe = « joue »), et souffler, joufflu, gonfler…

La langue populaire, familière, et l’argot fournissent de nombreux synonymes, dont certains sont vieillis : beigne, giroflée à cinq feuilles, baffe, taloche, mornifle, calotte, claque, tarte, torgnole, nasarde, mandale, talmouse, emplâtre…

            On ne dit pas « c’est une tête à beignes », ni : « c’est une tête à calottes »…  Les expressions consacrées par l’usage sont : c’est une tête à claques ou c’est une tête à gifles, pour qualifier des personnes « dont la sottise ou la fatuité sont telles qu’elles donneraient envie de [les] gifler » (Trésor de la langue française). Le pluriel s’impose, car il s’agit de personnes à qui l’on donnerait volontiers DES gifles… si l’on ne se retenait pas, par maîtrise ou par crainte des ennuis.

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