Le mot du 1er février 2017 (2)

La question (et la réponse) du jour

 

            « On dit toujours qu’il faut écrire « quatre-vingts ».  Pourtant, dans Victor Hugo (« Booz endormi »), on trouve dans toutes les éditions  « … a passé quatre-vingt »… Si c’est une erreur de l’écrivain, pourquoi la reproduit-on ? Ou bien serait-ce une graphie correcte à son époque ? »

 

Non : nous avons ici un exemple de « licence littéraire »…  On entend par « licence littéraire » le droit reconnu aux écrivains  –  presque uniquement aux poètes  –  de transgresser la règle et l’usage en quelques cas nettement circonscrits.  C’est par « licence poétique » que l’on supprime souvent, en poésie classico-romantique, un « s » en bout de vers, afin d’obtenir la rime visuelle, c’est-à-dire celle qui ajoute au plaisir sonore d’une conformité phonique la satisfaction oculaire d’une similitude graphique.

Victor Hugo a en effet volontairement aligné (au « g » près) un quatre-vingt sur vînt :

 

Comment se pourrait-il que de moi ceci vînt ?

                        Le chiffre de mes ans a passé quatre-vingt…

 

(La Légende des siècles, « Booz endormi ».)

 

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