Le mot du 8 février 2017 (1)

La question du jour (et la réponse)

 

            « Est-il incorrect d’employer le mot « opus »  pour parler d’un livre ou d’un film ? »

 

Opus  (mot latin : « œuvre », « ouvrage ») est un terme appartenant aux domaines de l’architecture et de la musique.  En maçonnerie,  surtout en carrelage aujourd’hui,  on utilise couramment  l’expression  opus incertum.  Un sol en opus incertum est un revêtement, en grès céramique par exemple, composé de morceaux cassés de différentes formes et couleurs.

En musique, opus  –  souvent abrégé en op.  –  sert à situer  un morceau, une pièce,  au sein de la totalité des œuvres imprimées d’un compositeur, en fonction de l’ordre de publication : « L’Air russe varié pour le piano, op. 17,  de Louise Farrenc est peu joué de nos jours ! ».

On note effectivement l’extension du terme à propos d’un film, d’un livre, etc. C’est un emploi abusif, prétentieux, propre à la « bobosphère », à des milieux médiatico-culturels où la modestie et la simplicité ne règnent pas.

Il vaut cent fois mieux rester plus modeste, et plus précis, en parlant du dernier film de Sébastien Truchon, du récent roman de Lucie Dubidon, du tout nouvel enregistrement de Martin Pêcheur,  de la seconde pièce d’Anna Lyse…  Les termes possibles ne manquent pas !

.N. B. : Je n’entre pas ici, aujourd’hui, dans un (forcément) long développement concernant l’indication ou non d’une virgule devant opus ou devant op.;  ni sur la majuscule ou la minuscule initiale ;  ni sur l’emploi de l’italique ou du romain… Les lecteurs de la revue Défense de la langue française  savent que, pour un point d’orthotypographie qui peut sembler tout simple, je suis obligé parfois, pour traiter sérieusement et de la façon la plus exhaustive possible ledit point, d’y consacrer trois chroniques de chacune plus de 3 000 signes.

 

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