Le mot du 9 février 2017 (3)

La question du jour (et la réponse)

« Pensez-vous qu’il faille accorder frissonnant dans la phrase suivante :  » Puis tout à coup nous nous sommes arrêtés, glacés, frissonnants de peur  » ? »

 

C’est une bonne question, qui en effet peut faire hésiter.  Maurice Genevoix, qui, je pense, n’écrivait pas mal  (  :o))  ), a fait cet accord : « C’était une belle nuit ruisselante d’une pluie fine… ». Pierre Loti : « Elle était là, brûlante d’une grande fièvre ».  Sainte-Beuve : « Il avait trouvé la première Vendée expirante dans son sang ». Etc.  Je préférerais l’invariabilité, surtout pour la phrase de Sainte-Beuve, mais, pour Genevoix,  le « ad libitum » me semble s’imposer.

Sur cette question, la conclusion de Maurice Grevisse (qui, comme souvent, « balance » entre deux partis) est la suivante : « La présence d’un objet indirect ou d’un complément adverbial n’empêche pas que l’on ait affaire, éventuellement, à l’adjectif ».

Jules Romains a écrit : « Il marche entre deux lignes de peupliers encore sans feuilles, mais verdissant déjà ». Donner la préférence au participe présent invariable me semble être la bonne démarche. Mais, si je modifie l’ordre des mots, je pense que j’écrirais sans hésitation : « …  mais déjà verdissants ».

La proximité entre deux termes de même nature grammaticale impose l’accord, tel celui de « hésitants », entraîné par logique sur celui de « découragés » :  « Nous marchions, hésitants parfois, mais non découragés, vers le sommet ».

Compte tenu des choix adoptés par de très bons auteurs,  et de la conclusion de Grevisse, je crois que, dans votre exemple, les deux formes doivent être acceptées.

 

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