Le mot du 7 mars 2017 (1)

La chronique ludique du jour

 

            Avec l’espoir de faire un peu sourire en cette matinée, je reproduis ici une chronique rédigée  pour  les  confrères  et amis de l’Association des Amis d’Alphonse Allais (AAAA) [… ha ha ha !], à laquelle il n’est pas interdit d’adhérer (=  phdavis@numericable.fr) :

 

Compliquée, la langue française ?

 

            Qui peut bien amener certains à asséner cela sur un ton théâtral, et néanmoins sans réplique ?!… Sont-ils chagrinés parce qu’une pagaie n’est pas forcément triste, et que, du coup, cela met la pagaille dans le vocabulaire ?…  Ne retiendraient-ils du lexique que pour assurer ses arrières et avoir de l’argent devant soi il faut en mettre de côté, à gauche plus précisément ? Mais il est tout à fait normal que les droitiers, largement majoritaires, aient leur portefeuille dans la poche de gauche de leur veste.

            Seraient-ils courroucés parce qu’un hôte reçoit des… hôtes, avec l’intention de faire  bonne chère ensemble ?…  Mais la polysémie et/ou les homonymes homographes font partie d’une langue vivante. Ainsi, on se loue d’avoir loué à Honfleur ce studio que loue à l’année un ancien pêcheur de crevettes. Quel atrabilaire ronchon trouverait à y redire ?…

            En quoi serait-il bouleversifiant d’avoir des nuits blanches à cause d’idées noires, ou parce que dans la journée on en a vu de toutes les couleurs ?…  Certes, les « quatre coins de l’Hexagone » exaspèrent les cartésiens aux idées bien carrées, qui n’arrondissent pas les angles en s’exprimant avec une rude et alerte franchise, c’est-à-dire… rondement. Mais c’est une image pour évoquer les quatre points cardinaux qui couvrent tout l’horizon, que ce soit celui de la France ou celui de la ronde planète.

            Un aviron n’est pas un « navire rond » : c’est une rame de section… carrée (sauf la poignée, ronde et de section réduite pour une meilleure tenue en main). Bien maniés, les avirons permettent de virer aisément de bord, tandis que l’on peut « virer » sans merci des gens tout en les… remerciant !  Mais cette dernière tournure relève de l’euphémisme, disent les linguistes. Alors, on ne va pas critiquer les figures de rhétorique !

            Bref, tout ce qui précède ne va pas mettre au court-bouillon la rate de tout Allaisien qui se respecte, ni l’empêcher de dormir sur ses deux oreilles. Quoique, dormir sur ses deux oreilles, ce n’est pas possible,  dites-vous, c’est là une expression stupide, insensée, à rejeter de l’usage. Eh !  Que faites-vous de l’hyperbole, et en particulier de l’adynaton ??!

 

(©  Jean-Pierre Colignon et AAAA, paru dans l’Allaisienne n° 35, septembre 2015.)  

 

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