Le mot du 8 mars 2017 (2)

La question du jour (et la réponse)

 

           « Pouvez-vous nous donner votre avis sur l’emploi du terme « autiste » par François Fillon (hier soir, sur France 2)? On lui reproche d’avoir utilisé ce terme dans la phrase : « Je ne suis pas autiste ». Merci. »

 

Ce site, consacré à la langue française, à la culture et à l’humour, est strictement apolitique.

Si je ne fuis pas les questions difficiles, je suis prudent quand les questions posées sont liées, forcément, à des interprétations d’ordre politique, religieux ou philosophique. Cela parce que  certains, par calcul ou par bêtise, en fonction de convictions, d’arrière-pensées, de démarches multiples, peuvent exploiter et déformer les propos et les écrits, par imbécillité, machiavélisme, calomnie ou diffamation… (Ce qui précède ne concerne pas l’auteur de la question.)

D’abord, on dira que le propos que vous me soumettez a été tenu par Tartempion, Dubidon, Michalon ou Colimaçon, ou par Mme Remasson ou Machin-Chose…  Peu importe.

Ensuite, je constate d’une façon générale, dans la société, une perte de la communication, un manque croissant de culture et de finesse qui, notamment, rend inaudible ce que l’on appelle le second degré. Tout cela multiplie des incompréhensions, des malentendus, des dissensions, des rancœurs…

Les protestations, les objections, les récriminations, les révoltes peuvent être justifiées par des injustices, par des propos ou par des actes abjects. L’emploi de termes neutres, dénués de connotations grinçantes ou méprisantes, ne devrait pas susciter chez des démocrates, chez des républicains (avec  un « r » minuscule, ici), chez des personnes intelligentes et objectives, probes et justes, des réactions abusives, excessives, engendrées par les ennuis, les soucis de santé et/ou de travail, la peine, etc.   Des réactions tellement excessives, parfois, que nombre de commentateurs y voient de l’hystérie.

Je ne vois pas, dans la phrase que vous me soumettez, un emploi critiquable du mot autiste. Je comprends bien que, pour des familles concernées, le terme soit forcément, et constamment, ressenti comme pénible… mais va-t-on censurer, interdire, des phrases comme : « Je ne suis pas sourd » ( =  « j’entends bien toutes les critiques que l’on formule »), « Je ne suis pas aveugle » (= « je vois bien les maux qui frappent les gens modestes, les smicards »), etc., au prétexte que par-là on insulterait tous les mal(-)entendants ou tous les mal(-)voyants, les non-entendants et les non-voyants !?  Le candidat à la présidentielle dont vous parlez réfute l’idée qu’il pourrait être comme le gouvernement qui figure dans un exemple du Petit Robert à l’article « autiste » :  « un gouvernement autiste et irresponsable ».

 

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