Le mot du 31 mars 2017 (2)

La question du jour (et la réponse)

 

            « Bonjour. Peut-on dire : « les impondérables de la vie quotidienne » ? Il me semble que c’est correct… »

 

Cela se dit souvent… Pour autant, est-ce correct ?…

À l’origine, impondérable,  qui est de la famille de « poids » (latin pondus),  est un adjectif, dont l’acception est : « que l’on ne peut pas peser », «  dont le poids échappe aux mesures, aux calculs ».

Si l’on ne peut pas mesurer, on ne saurait non plus prévoir…  Ce que l’on ne peut pas prévoir est ressenti comme inquiétant,  comme source possible d’événements souvent négatifs dont les conséquences peuvent modifier de façon importante le cours des choses.  En toute rigueur, en tant que nom, et quasiment cantonné au pluriel, impondérables ne devrait être employé que dans ce sens.  Et l’on devrait utiliser des termes plus banals, moins forts, pour les tracas, les soucis, les problèmes, les ennuis, les contrariétés, les désagréments, les embarras,  les imprévus, les incertitudes, etc., du quotidien.

Toutefois, l’affaiblissement, l’atténuation, la banalisation de certains mots fait partie de l’évolution d’une langue vivante (cf. l’évolution de protagoniste, par exemple), c’est un phénomène normal.  Alors, si impondérable(s) est un terme peut-être encore trop fort aux yeux de certains,  un mot qu’il ne conviendrait pas de « déranger »  (  ☺  )  pour parler de simples aléas, d’ennuis quelconques, je ne pense pas qu’il faille condamner de façon péremptoire et systématique son emploi moins restreint.

 

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