Le mot du 19 avril 2017 (2)

La question du jour (et la réponse)

 

            « Dans le roman de Jean Prévost les Frères Bouquinquant, j’ai lu ceci : « Il commanda un marc, qu’il but d’un coup, à la pompe-au-net… ».  

            Pourriez-vous m’indiquer le sens de « à la pompe-au-net », expression que je n’ai trouvée nulle part ?   (Faut-il y voir un jeu de mots ?) »

 

J’avoue ne pas connaître les œuvres de Jean Prévost…  Je connais son nom surtout par son engagement dans la Résistance, et par sa mort… et les Frères Bouquinquant par l’adaptation au cinéma qu’en a faite Louis Daquin en 1948 (avec Madeleine Robinson, Albert Préjean, Louis Seigner, Roger Pigaut, Jean Vilar…  et une certaine Juliette Gréco  dans le rôle d’une religieuse !).

Donc, je ne sais pas s’il était familier des jeux de mots, amateur de calembours…  A priori, je dirais que non. De plus,  s’il se lançait dans des calembours, je suppose que c’est un auteur qui aurait penché pour des jeux de mots un peu recherchés.  Mais, après tout, d’excellents   auteurs   cultivés   n’ont   pas dédaigné « sortir » des calembours faciles. Alors !?…

Car « pompe-au-net » ne correspond à rien, semble-t-il…  (Sauf, et je viens de le découvrir, dans le domaine des tabulations Word !!  « pompe-au-net »  me donne l’impression d’être le nom (venu d’où ?) d’un service de dépannage, de conseil ???…)

En revanche, pomponnette me dit quelque chose…  « Avoir le pompon », c’est être gris, un peu ivre, « pompette » ; c’est apparu vers 1880…   Un rapport avec l’accessoire militaire, le pompon,  via « pompon » = soldat ivre (vers 1880 aussi) ?…  Bien évidemment, il n’y a pas de rapport avec la Pomponette [un seul n] de la Femme du boulanger, de Pagnol.

Comme je ne trouve pas  –  ce n’est pas trop étonnant  –  d’occurrence à ce « à la pompe-au-net »,  je pense  qu’il s’agit d’un mauvais calembour de Prévost, ou,  plutôt, d’une mauvaise interprétation de sa part (… ce qui est étonnant, tout de même) d’après un plausible « à la pomponnette ».   La phrase m’incite à penser que « à la pomponnette » équivaut à  « en faisant cul sec », en vidant le verre d’un trait, comme un boit-sans-soif, comme une personne habituée à boire…

Je ne sais pas d’où vient le nom d’un établissement montmartrois (rue Lepic), un restaurant ou café-restaurant  nommé  « À la pomponnette »…

 

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