Le mot du 27 mai 2017 (2)

La question du jour (et la réponse

 

            « Dans la phrase suivante, relevée dans un quotidien, l’accord de recueillie est-il correct ?  Ne faudrait-il pas recueillis ?…  Ou les deux accords sont-ils possibles ? 

            « Une septuagénaire a été attaquée et gravement mordue par une quinzaine de chiens qu’elle avait recueillie dans son pavillon… »  »

 

Tout d’abord, avant de se précipiter pour condamner les chiens, il faudrait voir quelles étaient leurs conditions de vie : n’étaient-ils pas trop nombreux dans une surface restreinte, donc surexcités ?  Étaient-ils suffisamment nourris par cette dame, avait-elle vraiment les moyens de leur assurer le minimum ? Des chiens affamés peuvent se rebeller, même contre une personne qui ne leur veut que du bien… Enfin, cela nous éloigne de la question !!…

L’accord sur le substantif féminin singulier quinzaine est à condamner. D’abord, parce qu’on ne recueille pas une quinzaine ; en effet, ce mot n’exprime rien d’autre qu’un nombre ; c’est seulement quand il n’a pas de complément, celui-ci étant sous-entendu, qu’il peut gouverner un accord (exemple : la quinzaine [de jours] s’est déroulée sans incident). Ensuite, il est plus que probable que la victime de cette agression canine n’avait pas recueilli cette « quinzaine de chiens » en une seule meute déjà constituée, mais qu’elle les avait hébergés un  à un, à mesure qu’elle les avait trouvés errants (« errant » est admissible : « elle les avait trouvés vagabondant »).

Il s’agit donc de chiens lui appartenant, et non d’une troupe de chiens courants qu’un chenil lui aurait confiée pour un certain temps (ici, on peut évidemment accorder confié(e) au féminin singulier, pour bien marquer qu’il s’agit d’une meute…   ).

L’accord doit se faire comme s’il y avait « par les quinze chiens » :  « […] mordue par une quinzaine de chiens qu’elle avait recueillis… ».

            N. B. : Même si, en l’occurrence, l’erreur d’accord n’entraîne pas ici, comme cela peut être le cas assez souvent, de contresens ou de faux sens, on est en présence d’un problème de logique et de nuances. Ces nuances que veulent faire disparaître ceux qui souhaiteraient nous imposer la généralisation de l’invariabilité du participe passé.

 

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