Le mot du 21 juin 2017 (1)

La bourde du jour due à l’imprécision

 

Dans différents articles et dans des cours consacrés à l’orthotypographie, j’ai attiré l’attention  sur la rigueur à appliquer à l’expression des dates, afin de devancer d’éventuels quiproquos ou contresens…  Ainsi, des scripteurs et des locuteurs peuvent se montrer négligents en se contentant de parler d’ « années quarante »  (voire « années 40 »),  ce qui peut renvoyer aux années 1940… ou 1840 si le contexte porte sur deux siècles.  Même si cela peut donner l’impression de recourir à un doublon excessif « ceinture + paire de bretelles »  ☺,  il ne faut pas hésiter à employer les millésimes au complet.

            Une anecdote, découverte récemment, conforte ce propos.  Le réalisateur italien Mario Soldati a tourné en 1941 le mélodrame Mariage de minuit (Piccolo mondo antico, d’après le roman éponyme de l’écrivain Antonio Fogazzaro, 1895).  Le talent de la jeune Alida Valli (vingt ans), dont tous les cinéphiles connaissent l’exceptionnelle carrière,  éclate dès ce long-métrage à fond historique se déroulant dans les années 1850…

Or, dans une scène, on évoque un vin millésimé… « 1930 », alors que l’histoire se déroule, je viens de le dire, au milieu du XIXe siècle !  Erreur de la traduction française : le personnage dit en réalité : « …des années 30 », qu’il aurait fallu naturellement rendre par « 1830 ».

Cette bévue ne saurait porter atteinte à l’estime et au respect que je porte à celles et à ceux qui, professionnellement, exercent avec finesse et une grande culture le beau métier de traducteur.

 

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