Le mot du 23 juin 2017 (1)

Le point de langue française du jour

 

Un certain nombre de personnes relèvent dans des allocutions officielles, dans des livres ou dans des articles  –  pour fustiger ce qu’elles croient être une faute de français  –  l’association d’un nous et d’un verbe au pluriel avec des participes passés et des adjectifs au singulier : « Arrivé à Rennes le 6 juin, nous en sommes reparti le 9 pour Dol-de-Bretagne »…

            Eh bien non, il s’agit d’une construction très correcte, licite, dite « pluriel de majesté » quand c’est une personne détenant une autorité de par son statut, de sa fonction, de son mandat, qui s’exprime : «  « Nous sommes heureuse d’accueillir à Londres des membres de l’Académie française », dit Elizabeth II en souriant. »

            Ce même usage prend le nom de « pluriel de modestie »  – car le nous remplace alors un je jugé immodeste, surtout quand il est fréquemment répété  –  lorsque l’on parle de journalistes et d’écrivains.  Un rédacteur respectant cette consigne classique (c’était la règle au journal le Monde) écrivait : « Cinq ans après, nous sommes retourné sur les lieux de ce mystérieux fait-divers… ».

En 2017, si Sa Gracieuse Majesté britannique respecte évidemment toujours les usages du protocole,  le je est ressenti aujourd’hui comme « moins haïssable » du côté des rédactions, des médias…  La modestie n’y est peut-être plus ce qu’elle était.

 

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