Le mot du 9 juillet 2017 (1)

Le point d’orthographe du jour

 

Avoir à faire / avoir affaire

 

Une rédaction hâtive ou relâchée fait parfois écrire : « il a eu à faire à plus fort que lui », « elle ne se rend pas compte à qui elle a à faire », etc., alors que, dans ces phrases ou d’autres de même composition, l’expression avoir affaire devait être employée.  Qu’on repense à ce que dit un cadet de Gascogne à Christian de Neuvillette à la scène 9, acte II, du Cyrano de Bergerac d’Edmond Rostand :

… Chut !… Jamais ce mot ne se profère !

Ou c’est à lui, là-bas, que l’on aurait affaire !

Certes, avoir à faire est excellent en d’autres cas ; par exemple, on dira fort bien : j’ai à faire ma lessive, ou encore : vous aurez à faire un long détour. Dans ce cas, rien n’empêche que vous inversiez les termes de ces propositions : j’ai ma lessive à faire, et : vous aurez un long détour à faire.  Au contraire,  dans il a eu affaire à forte partie, même si vous remplacez affaire par « à faire », il est impossible d’opérer l’inversion, sous peine d’obtenir une phrase absurde.  –  Également irréprochable : j’ai beaucoup à faire.

Bien noter, en résumé, la formulation  avoir affaire, et se souvenir qu’elle accepte soit la préposition à, soit la préposition avec, mais il y a une nuance. Si vous avez affaire avec quelqu’un, c’est que déjà un lien existe entre ce quelqu’un et vous, et qu’il vous faut en discuter avec lui, ou lui en parler ; ou que vous avez à agir ensemble dans un intérêt ou pour un but communs. Si vous avez simplement affaire à lui, c’est que vous êtes mis en contact avec lui par les besoins de la vie courante. Vous avez affaire avec un client, un ami ; en cas de litige fiscal, vous avez affaire à votre percepteur, à votre contrôleur.

 

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