Le mot du 16 juillet 2017 (1)

L’anecdote du jour

 

           « Il serait bon que vous me permissiez d’assumer sur moi tout seul la responsabilité de la marche de la caravane, que vous me la laissassiez diriger à ma guise ; en un mot, que vous me remissiez le commandement. »

  

            Cette phrase n’a pas été forgée pour la circonstance : elle est extraite d’une œuvre d’un auteur très prolifique  –  Gustave Aimard, de son vrai nom Olivier Gloux (1818-1883)  – ,  dont les romans à succès sont aujourd’hui bien oubliés.  En l’occurrence, il s’agit d’un ouvrage intitulé le Guarani (prologue, V)…

Le romancier met ces propos non dans la bouche d’un Vadius ou d’un Trissotin, ou d’un académicien du Grand Siècle, mais dans celle d’un pauvre diable d’Indien sud-américain illettré s’adressant à un marquis espagnol !  Sans doute en guarani plutôt qu’en castillan, peut-on logiquement penser.

Cette même logique devrait conduire à ne pas introduire, pour un écrivain, une élégance intempestive là où elle n’a que faire.  Le style doit convenir à la situation, le propos doit être adapté aux personnages. Ce n’est certes pas le cas si, comme l’a fait Gustave Aimard, on fait parler un malheureux primitif comme un des courtisans mis en scène par Patrice Leconte dans son film Ridicule !

 

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