Le mot du 30 juillet 2017 (1)

La question du jour (et la réponse)

 

            « On m’a donné à corriger une pièce en alexandrins, une sorte de pastiche satirique du monde politique. Or, à diverses reprises, des vers sont à cheval sur plusieurs personnages…  Comment faut-il présenter le texte ? »

 

Vous avez là un cas classique, très fréquent au théâtre, de vers répartis sur plusieurs personnages (voir Racine, Corneille, Hugo…). La présentation orthodoxe, rigoureuse, consiste en une composition « en escalier » : le premier segment est « au fer » à gauche, puis on renfonce chaque morceau de la valeur exacte du précédent, augmentée d’une espace. Hugo en use et en abuse dans Mangeront-ils ?, une fantaisie de 1867 :

 

LE ROI, à part, regardant Aïrolo.

L’œil d’un gredin. Buvons l’horreur d’être clément

Jusqu’à la lie.

 

AÏROLO, à part.

 

Il est bête, et d’un fort calibre.

 

LE ROI, souriant à Aïrolo.

 

Te voilà vivant.

 

AÏROLO

 

Soit.

 

LE ROI

 

Et libre.

 

AÏROLO

 

Suis-je libre ?

J’y consens.

 

LE ROI

 

Te voilà gentilhomme.

 

AÏROLO, tâtant la plume à son bonnet.

 

                                                                   Huppé !

 

LE ROI, à part.

 

Je suis l’ânier poussif de cet âne échappé !

On dirait que c’est lui qui fait grâce. J’écume !

 

Etc.

 

 

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