Archives mensuelles : juillet 2017

Le mot du 15 juillet (1)

La question du jour (et la réponse)

 

           « Est-ce que « fafiots », en argot, peut avoir la signification de « billets de banque », au-delà du sens général de « papiers » (d’identité ou autres) ? »

 

Oui, les deux emplois existent. L’acception de « billets de banque » est censée être plus moderne (… c’est relatif !) que la signification  de « papiers », notamment « papiers d’identité »… Mais on entend, chez des locuteurs pratiquant la langue populaire, tantôt une acception, tantôt l’autre.  Attention au contexte, alors, pour éviter des contresens.

 

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Le mot du 12 juillet 2017 (1)

La question du jour (et la réponse)

 

            « Bonjour, Monsieur Colignon,
Dans la phrase suivante, convient-il de mettre une virgule devant « quels que soient » ? D’avance, merci pour votre réponse et vos précieux conseils
.
« Si des données autres sont partagées avec le compte xxx, ces données seront partagées quels que soient les paramètres de partage de données définis dans cet autre compte de produit ou service xxx. »

Bien cordialement. »

 

C’est comme on veut… Avec ou sans virgule, la signification est identique. Mais, étant donné qu’il y a déjà une virgule (après « le compte xxx »), je préfère ne pas en mettre une autre devant « quels qu’ils soient ». »

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Le mot du 9 juillet 2017 (2)

Aujourd’hui, à Cachan, dictées, et jeux avec les mots,  pour des jeunes bac + 1 et  bac + 2, à la demande de L’Envol  le Campus, programme de mécénat sociétal de La Banque postale, en partenariat avec Frateli.

Le mot du 9 juillet 2017 (1)

Le point d’orthographe du jour

 

Avoir à faire / avoir affaire

 

Une rédaction hâtive ou relâchée fait parfois écrire : « il a eu à faire à plus fort que lui », « elle ne se rend pas compte à qui elle a à faire », etc., alors que, dans ces phrases ou d’autres de même composition, l’expression avoir affaire devait être employée.  Qu’on repense à ce que dit un cadet de Gascogne à Christian de Neuvillette à la scène 9, acte II, du Cyrano de Bergerac d’Edmond Rostand :

… Chut !… Jamais ce mot ne se profère !

Ou c’est à lui, là-bas, que l’on aurait affaire !

Certes, avoir à faire est excellent en d’autres cas ; par exemple, on dira fort bien : j’ai à faire ma lessive, ou encore : vous aurez à faire un long détour. Dans ce cas, rien n’empêche que vous inversiez les termes de ces propositions : j’ai ma lessive à faire, et : vous aurez un long détour à faire.  Au contraire,  dans il a eu affaire à forte partie, même si vous remplacez affaire par « à faire », il est impossible d’opérer l’inversion, sous peine d’obtenir une phrase absurde.  –  Également irréprochable : j’ai beaucoup à faire.

Bien noter, en résumé, la formulation  avoir affaire, et se souvenir qu’elle accepte soit la préposition à, soit la préposition avec, mais il y a une nuance. Si vous avez affaire avec quelqu’un, c’est que déjà un lien existe entre ce quelqu’un et vous, et qu’il vous faut en discuter avec lui, ou lui en parler ; ou que vous avez à agir ensemble dans un intérêt ou pour un but communs. Si vous avez simplement affaire à lui, c’est que vous êtes mis en contact avec lui par les besoins de la vie courante. Vous avez affaire avec un client, un ami ; en cas de litige fiscal, vous avez affaire à votre percepteur, à votre contrôleur.

 

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Le mot du 8 juillet 2017 (2)

La (nouvelle) question du jour

 

Autre question sélectionnée parmi celles reçues :

          « Suite à une phrase que j’ai lue sur Facebook dans un blog sur l’orthographe, j’aimerais savoir avec quel nom il faut faire accorder le participe passé « choisi » dans la phrase suivante : « Est-ce un tailleur ou une robe que tu as choisi(e) pour ce mariage? » Doit-on le faire accorder avec le dernier complément d’objet direct (robe) ou bien avec le premier (tailleur)? Je vous remercie de bien vouloir éclairer ma lanterne sur ce point de grammaire.
Cordialement. »

 

La « règle » (des linguistes disent « tradition, ce qui est nettement moins affirmatif) grammaticale dit que, dans ce cas où l’accord doit se faire sur un seul des termes au singulier unis par ou, il faut accorder sur le terme le plus proche…  Eh bien, la règle ou tradition est stupide et dit des âneries, car cela aboutit à des phrases imbuvables : « C’est Alban Public ou Sarah Vigott qui sera nommée au Conseil constitutionnel », « Qu’est-ce qu’on fait quand, à  21 heures, papa ou maman n’est pas rentrée ? »…  Je ne comprends pas que des grammairiens puissent approuver cela !
Il faut opter pour le neutre… c’est-à-dire, en français, le masculin. Ou, mieux, et c’est ce que je conseille à mes élèves ou stagiaires correcteurs et journalistes, il faut tourner la phrase autrement.  Par  exemple : « Qui va être nommé au Conseil constitutionnel ?… Alban ou Sarah ? »; « Qu’est-ce qu’on fait quand, à 21 heures, ni maman ni papa ne sont rentrés ? » / « Qu’est-ce qu’on fait quand, à 21 heures, papa n’est pas rentré, et maman non plus ? » Etc.

 

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Le mot du 8 juillet 2017 (1)

La question du jour (et la réponse)

 

            « Dans cette belle journée encore bien chaude, une petite question de formulation :


            « En effet, si sur le plan purement formel Bach s’en tient encore au moule vénitien, il a su passer plus outre dans la richesse contrapuntique de la prose, dans l’incomparable science de son discours ! »


            Ce « plus outre » m’a interpellé, mais ça semble exister… Vous pouvez me le confirmer ? »
          « Plus outre » n’est pas faux, mais très daté : on trouve cela chez des auteurs du XIXe siècle ou, à tout le moins, à cheval sur les XIXe et XXe…   Si c’est un auteur contemporain qui l’emploie,  ou bien il s’agit probablement d’une personne qui n’est pas très jeune, ou bien c’est quelqu’un qui  a suivi des études classiques.

Ce n’est pas une faute, mais « passer plus outre » est un archaïsme peu usité de nos jours, au point d’être ressenti comme une préciosité, voire comme une erreur…  « Passer outre » suffirait, ou, alors, il faudrait : « il a su aller au-delà, plus loin »…

 

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Le mot du 7 juillet 2017 (2)

RAPPEL :  L’édition 2017 de la « Dictée à la plage » de Port Leucate (Leucate, Aude) se déroulera le jeudi 27 juillet, à 16 h 30, à la Maison des associations.

Accueil et installation des participants : à partir de 16 heures. Pendant la correction, temps libre et/ou jeux avec les mots.

Commentaire-corrigé de la dictée, palmarès et remise des prix, dédicace de livres de Jean-Pierre Colignon : à partir de 19 heures. Puis : « verre de l’amitié et de la convivialité » !

La dictée est ouverte à tous, à partir de 10 ans; palmarès par tranches d’âge. Compte tenu de l’affluence lors des éditions précédentes, l’inscription (gratuite) est vivement souhaitée, obligatoire même, pour la bonne préparation de la grande salle. Renseignements et inscriptions à la médiathèque (04 68 40 25 19) et à l’Office de tourisme (04 68 40 91 31).

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Le mot du 7 juillet 2017 (1)

Le point d’orthographe du jour (1)

 

intelligentsia (ou, mais orthographe de plus en plus délaissée, intelligentzia)   n. f.

Ce nom commun féminin d’origine russe (= « intelligence ») a désigné, dans la Russie tsariste, la classe des intellectuels. Avec souvent la connotation d’intellectuels sympathisants des idées nihilistes ou révolutionnaires.

Il s’est introduit dans la langue française à partir des années 1920, pour désigner les intellectuels en général, au sein d’un pays, d’une région, d’une société, d’un groupe, d’un milieu….

La prononciation usuelle, courante, est hésitante : « intéligentssia », majoritaire, ou « intéliguentssia »… Il n’y a aucune raison, dans un texte composé, de mettre le mot en italique ou entre guillemets : il est intégré depuis longtemps !  De plus, et comme bien souvent, guillemeter un terme reviendrait à introduire une connotation ironique et péjorative ; ici, à l’égard de la classe d’ « intellos » ainsi désignée.

 

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Le mot du 6 juillet 2017 (1)

La bourde (énorme) du jour

 

Les infos d’Orange attribuent à l’AFP (publié le jeudi 6 juillet 2017 à 23 h 22) l’énormité suivante :

« Des heurts ont éclaté jeudi soir entre plusieurs milliers de manifestants anti-G20 et la police à Hambourg, en Allemagne, jetant une ombre sur le sommet des dirigeants des principaux pays de la planète prévu dans la ville.

Les  affrontements  sont survenus dans la soirée peu après le départ d’un cortège de 12 000 personnes, selon les forces de l’ordre, à proximité du lieu du sommet du G20 à Hambourg, considéré comme un bastion de la contestation violente. »

J’ai souligné l’énorme et désopilant contresens commis par les rédacteurs  :  ainsi donc, le sommet du G20 serait, en fait, la place forte, le fief, le bastion (où s’activeraient les dangereux gauchistes Merkel, May, Macron, Trump, Trudeau, Poutine et compagnie) de l’ « ultragauche » condamnée pour son « hyperviolence ».  On notera que sur le site d’Orange personne ne semble avoir remarqué l’ânerie…

Si, avant publication, la dépêche était passée par les yeux d’un vrai correcteur professionnel,  nul  doute  qu e celui-ci  serait  intervenu  à  temps,   en rectifiant  :        « … considéré comme la principale cible de la contestation ».

 

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Le mot du 5 juillet 2017 (2) 

La question du jour (et la réponse)

 

Un caprice du logiciel ayant fait apparaître seulement la réponse à la question… mystérieuse   (!!    :o)))   )  du mercredi 5, je remets en ligne la totalité du texte !

 

 

« Comment doit-on écrire le terme argotique, populaire, synonyme de « parapluie » : pébroc ou pébroque ? »

 

Les dictionnaires usuels ne peuvent pas mentionner l’immense vocabulaire de l’argot populaire. À plus forte raison, les multiples graphies adoptées dans la littérature et dans la presse…  Tant que l’emploi généralisé d’un vocable n’a pas amené la totalité des lexicographes à entériner une unique forme au sein des dictionnaires généraux de référence, on peut admettre les différentes graphies usitées couramment.  (Même, le réalisme  doit conduire à tenir compte aussi d’autres graphies données par la majorité des dictionnaires d’argot…)

Les dictionnaires de référence donnent, à égalité, les deux orthographes pour ce dérivé du non moins argotique et populaire « pépin ». Alors, il n’y a pas de raison de trancher : le tout est d’adopter, si l’on écrit un article ou un roman, une seule graphie tout au long du texte !

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