Archives mensuelles : juillet 2017

Le mot du 5 juillet 2017 (1)

La question du jour (et la réponse)

 

Les dictionnaires usuels ne peuvent pas mentionner l’immense vocabulaire de l’argot populaire. À plus forte raison, les multiples graphies adoptées dans la littérature et dans la presse…  Tant que l’emploi généralisé d’un vocable n’a pas amené la totalité des lexicographes à entériner une unique forme au sein des dictionnaires généraux de référence, on peut admettre les différentes graphies usitées couramment.  (Même, le réalisme  doit conduire à tenir compte aussi d’autres graphies données par la majorité des dictionnaires d’argot…)

Les dictionnaires de référence donnent, à égalité, les deux orthographes pour ce dérivé du non moins argotique et populaire « pépin ». Alors, il n’y a pas de raison de trancher : le tout est d’adopter, si l’on écrit un article ou un roman, une seule graphie tout au long du texte !

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Le mot du 4 juillet 2017 (1)

La question du jour (et la réponse)

 

 

            « Pourriez-vous avoir la gentillesse de m’aider sur la phrase suivante :

Faut-il écrire : « La plupart des logements sont orientés plein sud » ou : « La plupart des logements est orientée plein sud » ?

            Puis, question subsidiaire : ne faut-il pas mettre une majuscule à sud 

            Merci de votre aide. »

 

Avec la plupart, on accorde au pluriel, tout le monde est d’accord là-dessus aujourd’hui.  Donc : La plupart des logements sont orientés…  Idem sans complément : La plupart sont orientés…

            Dans plein sud,  le point cardinal reste un… point cardinal, c’est-à-dire un nom commun. Il ne faut pas de majuscule.

 

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Le mot du 4 juillet 2017 (1)

La question du jour (et la réponse)

 

« Est-il vraiment fautif de dire : « Elle ressemble comme une goutte d’eau à sa sœur  » ? »

 

Oui, car c’est une formulation boiteuse, vicieuse, qui ne résiste pas à l’analyse et conduit même à l’absurdité (=  elle ressemble [… à quoi ?] comme une goutte d’eau ressemble à sa sœur ; ou : telle une goutte d’eau, elle ressemble à sa sœur).  Il faut absolument dire : « Sa sœur et elle se ressemblent comme deux gouttes d’eau ».

 

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Le mot du 3 juillet 2017 (1)

Les questions du jour (et les réponses)

 

« Bonsoir,

Je pense que l’on doit écrire : « Le jour où Simone Veil est entrée dans l’Histoire », avec une capitale à « Histoire ».

Mais doit-on écrire « l’histoire de France » ou « l’Histoire de France » ?

Je trouve aussi toutes les façons d’écrire  « les états généraux », « les États généraux » ou  » les États-Généraux ».

J’ai opté pour la première graphie… Ai-je eu raison ?… »

 

1°  Oui :  « l’Histoire »  (au sens absolu);    « l’histoire de France ».

 

2°  Effectivement, les ouvrages historiques, les historiens, les dicos, les auteurs en général, « flottent »  beaucoup !  En tout cas, « les États-Généraux » est à rejeter !

 

Il faut écrire « états généraux »   :  c’est la norme que l’usage ratifie, avec deux minuscules, pour ces assemblées de l’Ancien Régime réunies à l’échelon de plusieurs provinces, voire à l’échelon national.  Quand ces assemblées représentent les trois ordres à l’échelon national, on peut concevoir de mettre la majuscule à États…   (des « États nationaux », comme il y a « l’Assemblée nationale »,  en quelque sorte…).

 

C’est pour les états généraux convoqués pour le 5 mai 1789 que l’on voit très souvent, étant donné l’importance de cette assemblée dans l’histoire de France, la majuscule à « États ».  On peut tolérer, voire admettre, cette majuscule dans ce cas précis.  Mais laissez ce que vous avez fait, avec les deux minuscules !

Le mot du 2 juillet 2017 (2)

La question du jour (et la réponse)

 

« Bonjour, Monsieur Colignon, 

Si je suis tel dictionnaire de difficultés,  je devrais écrire « Deux siècles plus tard, les Templiers traversent une passe délicate », parce qu’on désigne là l’ordre lui-même.

Par contre, je vais écrire : « La police arrête dans tout le royaume des centaines de templiers », car on évoque les membres de l’ordre religieux.

 Je pense qu’il en va de même pour les Bénédictins, les Franciscains, les Hospitaliers, etc.

Mais alors, dans le même paragraphe, on risque d’avoir deux graphies différentes…

Êtes-vous d’accord ? »

 

C’est effectivement la règle orthodoxe, car la distinction mérite d’être observée :   la capitale quand les mots ordre, congrégation, etc., sont sous-entendus; la minuscule quand on parle de membres d’un ordre…  Vous devriez trouver la même explication dans tous les dictionnaires « tout court » et dans tous les dictionnaires de difficultés sérieux !

« Le roi avait confié aux Jésuites tout ce qui relevait de l’alphabétisation… » ;  « C’est un jésuite qui faisait au roi ce qu’on appelle aujourd’hui une « revue de presse » ! », « Les dominicains du couvent d’à-côté »…

Il peut donc y avoir, et à juste raison, les deux graphies dans un livre, dans un article…

 

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Le mot du 1er juillet 2017 (1)

Le point d’orthographe du jour (1)

 

pénitentiaire  adj.

 

Attention !  L’orthographe du NOM commun pénitencier,  sans doute bien connue en raison du succès de la chanson le Pénitencier (ou : les Portes du pénitencier) interprétée par Johnny Hallyday1, ne doit pas entraîner à penser qu’il existe un adjectif homographe « pénitencier », dont le féminin serait « pénitencière » !  Non, l’adjectif, épicène (= des deux genres), s’écrit  pénitentiaire  :   l’administration pénitentiaire,  le personnel pénitentiaire, un centre pénitentiaire… 

« Truc » :  « pénitenTIAIRE  et terTIAIRE  sont bien dans le dictionnAIRE ! ».

 

  1. Adaptation française du standard américain The House of the Rising Sun, interprété par The Animals.

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